https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/19. Anaphylaxie.pdf
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📌 On classe l'anaphylaxie se fait selon la cause (allergique ou non allergique) et la sévérité :
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Manifestations cliniques, et Traitement curatif : identiques quelque soit le mécanisme
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Prévention, et Profil évolutif : différent selon le mécanisme
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Facteurs de risque de l’anaphylaxie (allergies et non-allergiques)
| Anaphylaxie | Définit comme la forme la plus sévère d'hypersensibilité immédiate, engageant le pronostic vital, après le contact avec l'allergène ou des facteurs non allergiques
On définit « anaphylaxie sévère » si ≥ 2 organes sont atteints en même temps ou s'il y a une atteinte respiratoire ou cardiovasculaire |
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| Épidémiologie | Incidence et prévalence sont sous-estimée par défaut de déclaration des cas, et l'absence de cotation favorable dans la CIM-10
- Incidence estimée : 1,5-7,9 cas pour 100.000 habitants/an
- Prévalence (en augmentation) : 0,1 à 0,5% |
| Choc anaphylactique | Terme de choc anaphylactique, défini par la présence de troubles hémodynamiques avec hypotension, devra être évité, en effet, cela conduit trop souvent à considérer que l'anaphylaxie n'est sévère que si elle est associée à une hypotension. En fait, toute anaphylaxie, dès lors qu'il existe des signes de gravité définis par une atteinte respiratoire, cardiovasculaire ou neurologique, doit être considérée comme une anaphylaxie sévère et conduire au même traitement que le choc, et cela quel que soit le mécanisme, avec une injection d'adrénaline |
| Mécanismes | - Anaphylaxies allergiques (hypersensibilité immédiate, IgE médié, mécanisme le plus fréquent)
- Anaphylaxies non allergiques (activation des mastocytes/basophiles non IgE-dépendante, aboutit aux mêmes symptômes
→ Pas de sensibilisation préalable, histamino-libération directe
→ Activation via d'autres médiateurs : compléments (C4a, C5a), système kinine-kallicréine, métabolites de l'acide arachidonique, cytokines (TNFɑ, IL-6, IL-1β ...)
→ Ex. certains aliments (fromage, charcuterie, poisson, fruit, sulfites), médicaments, facteur physique, désordre mastocytaire |
| Choc anaphylactique 🔥 | Physiopathologie du choc anaphylactique (choc distributif), évolution se fait classiquement en 2 phases :
- Phase hyperkinétique (dure quelques minutes) entraînant : diminution des résistances vasculaires systémique, hypotension, tachycardie, augmentation du DC
- Phase hypokinétique : avec hypovolémie majeure liée à une extravasation plasmatique (fuite capillaire)
Ces phénomènes sont expliqués par :
- Dégranulation mastocytaire avec la libération de substances biologiques ayant un effet vasoactif
- Syndrome de réponse inflammatoire systémique dans les heures suivant l'activation mastocytaire peut aggraver le tableau hémodynamique |
Démarche diagnostique
Diagnostic de l'anaphylaxie est clinique, aucun bilan n’est indiqué pour porter le diagnostic
- Classification de Ring et Messmer ✅
Manifestations cliniques de l’anaphylaxie ⭐️
| Prodromes possibles |
Prurit, picotements ou prurit palmoplantaires, agitation, anxiété, confusion, sensation de mort imminente |
| Manifestations cutanéo-muqueuse (80-90%) |
Peuvent être discrètes, voire absentes dans les formes fulminantes d'anaphylaxie ; si elles sont isolées et si elles ne mettent pas en jeu le pronostic vital, elles ne permettent pas de poser le diagnostic d'anaphylaxie : |
- Prurit intense (palmoplantaire, muqueuses oropharyngées) : précède les autres manifestations cutanées
- Rash cutané morbilliforme
- Urticaire
- Angioedème ⚠️ , attention à ne pas confondre œdème de Quincke et angio-œdème du visage
(en effet, on peut avoir un angioœdème du visage sans atteinte laryngée) |
| Manifestations respiratoires
(60-70%) | Gravité variable (peut aller de la toux/rhinorrhée jusqu'à l'arrêt respiratoire)
- Oedème laryngé : dyspnée haute, stridor, dysphonie
- Bronchospasme : dyspnée basse avec frein expiratoire + toux sèche + sibilants
- Asthme aigu grave (peut être l'unique manifestation d'anaphylaxie) :
→ Terrain à risque : enfants, adolescents, adultes jeunes
→ Choc anaphylactique est plus sévère lorsqu’il survient chez un asthmatique
→ Mortalité est plus élevée en cas d’asthme non ou mal controlé |
| Manifestations cardio-vasculaires (30%) | - Hypotension artérielle (cf. normes selon l'âge) : souvent brutale et associée à une tachycardie sinusale
- Douleurs thoraciques, SCA (libération in situ des mastocytes cardiaques)
- Troubles du rythme, Tachycardie, Bradycardie (plus rare)
- Arrêt cardiaque (inaugural ou rapidement après les premiers signes) |
| Manifestations digestives (25-45%) | Manifestations liées à la contraction des muscles lisses au niveau digestif, peuvent égarer le diagnostic
- Nausées, vomissements, diarrhées, Douleurs abdominales persistantes, Dysphagie |
| Autres manifestations | - Neurologies (8-15%) : céphalées, confusion, vertiges, baisse du champ visuel
- Goût métallique dans la bouche
- Contractions utérines
- Sensation de mort imminente |
Arguments diagnostiques (anaphylaxie)
| Délai après exposition | Anaphylaxie survient < 1h après le contact allergénique, ce délai varie selon la source d'allergènes et le mode d'exposition :
- Muqueuses (30 min), Piqûres (15 min), Intra-veineux (5 min)
- Plus la réaction survient vite, plus le risque qu'elle soit sévère est élevé 🔥 |
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| Situations devant faire suspecter une anaphylaxie | - Installation rapide de : atteinte cutanéo-muqueuse + (atteinte respiratoire et/ou hypotension artérielle)
- Hypotension artérielle après exposition à un allergène connu du patient
- Apparition de ≥ 2 signes après exposition à un probable allergène, parmi : atteinte cutanéo-muqueuse, atteinte respiratoire, hypotension artérielle (ou signe de mauvaise perfusion d'organes) et signes gastro-intestinaux |
| Réaction biphasique | Réaction peut être biphasique dans < 20% des cas :
- Réapparition des symptômes > 4h après la phase initiale (généralement dans les < 72 heures)
- Justifie une surveillance prolongée de tout choc anaphylacique (surveillance ≥ 6h, même si résolution des symptômes) |
- Diagnostics différentiels
Bilan paraclinique
Réalisé à l'hôpital, et ne doit en aucun cas retarder la prise en charge thérapeutique (adrénaline IM, notamment)
- Confirmation de l'anaphylaxie
- Bilan étiologique d’une anaphylaxie
Prise en charge en urgence de l’anaphylaxie
- Résumé de la prise en charge en urgence
- Adrénaline (en urgence)
| Catécholamine |
RIEN NE DOIT RETARDER L’ADRÉNALINE (avant même l’éviction), AUCUNE CONTRE-INDICATION |
| Éviction |
Éviction de l'allergène (immédiat, indispensable) : |
- Ex. arrêt immédiat de la perfusion d'un médicament, d'un produit de contraste
- En cas de suspicion d'allergie alimentaire, ne pas tenter la vidange gastrique ❌ (risque d'inhalation)
- Retrait du dard en cas de piqûre d'hyménoptère (sujet de débat) :
→ Risque est de compléter l'injection de venin par pression du sac
→ Retrait prudent, idéalement par une équipe médicalisée, après avoir réaliser les premiers traitements
→ Selon le CEP : le retrait précoce du dard est plus important que la manière de l'enlever |
| Position | - En l'absence de dyspnée : patient allongé, jambes surélevées (Trendelenburg)
- Si oedème de Quincke, ou détresse respiratoire, et patient non-intubé : position demi-assise
- Ne pas verticaliser ❌ (risque d'arrêt cardiaque par désamorçage de la pompe cardiaque : vasoplégie majeure, adiastolie)
- Si inconscient : PLS
- Si femme enceinte 🤰🏻 : décubitus latéral gauche |
| Remplissage | Remplissage vasculaire (dès que possible), permet de restaurer rapidement une tension artérielle correcte si choc :
- En 1ère intention : sérum salé isotonique, puis solutés de remplissage faiblement allergisants (cristalloïdes)
- Adapter selon la réponse tensionnelle à l'adrénaline, Adulte : 500-1000 mL, Enfant : 20mL/kg |
| Voies respiratoires | - Oxygènothérapie (dès que possible) : haut débit (≥ 10L/min) ou guidé par SaO2 (objectif Sp02 > 95%)
- Si obstruction des voies aériennes :
→ Oedème de Quincke : Libérer les VAS (intubation orotrachéale, ou trachéotomie si nécessaire)
→ Supérieures : aérosols d'adrénaline en complément (5mg en nébulisation)
→ Inférieures (bronchospasme : wheezing, sibilants) : bronchodilateurs (β2-agoniste de CA en nébulisation, salbutamol) |
| Médicaments au décours de l'urgence | Antihistaminiques, Corticoïdes, il ne s'agit pas de médicaments de l'urgence ⚠️ :
- Actifs sur l'urticaire et le prurit, leur association diminue les symptômes de la phase tardive
- Anti-histaminique de type 1 (Anti-H1) : sont efficaces seulement sur les symptômes cutanéomuqueux (polaramine IV 5mg)
- Corticoïdes aux mêmes doses que dans l'asthme en cas de bronchospasme associé |
| Surveillance | Surveillance ≥ 6h dans tous les cas, et 12-24h si atteinte sévère (cardio-vasculaire, respiratoire) |