Indicateurs de santé
- Indicateurs sociodémographiques
- Indicateurs épidémiologiques : exemple de la mortalité
| Définition |
Santé d'une population s'évalue à l'aide d'indicateurs de santé, qui sont définis comme des variables quantitatives qui pourront être mesurées et qui décriront chacune un aspect particulier de l'état de santé de la population |
| Propriétés qu’un indicateur doit présenter ⭐️ |
- Validité : aptitude de l'indicateur à mesurer correctement l'état de santé qu'il est censé mesurer |
- Sensibilité au changement : aptitude de l'indicateur à rendre compte des variations de l'état de santé dans un groupe au cours du temps (permettant d'identifier l'évolution favorable ou défavorable d'une situation)
- Fiabilité (ou reproductibilité) : aptitude de l'indicateur à produire des résultats identiques dans des situations identiques (permettant la réalisation de comparaisons inter régionales ou internationales) |
| Objectifs | - Décrire, Quantifier et Surveiller l'état de santé de la population
- Comparer cet état de santé (dans le temps ou dans l'espace)
- Évaluer les effets des politiques et actions de santé publique menées |
| Qui produit des indicateurs ? | - Structures régionales : ARS, ORS (observatoires régionaux de la santé)
- Structures nationales : Santé publique France, Insee (Institut national de la statistique et des études économiques)
- Structures internationales : OMS, UNICEF (United Nations International Children's Emergency Fund) |
| Comment
sont-ils produit ? | Informations nécessaires à la production d'indicateurs sont collectées selon différentes méthodes :
→ enquêtes transversales ponctuelles ou répétées, enquêtes longitudinales ou de cohortes ... |
| 2 types
- comment sont-ils produit, et par qui ?
| - Indicateurs épidémiologiques :
→ Ex. mortalité, morbidité
→ Certificat de décès : données médicales anonymes recueillis CépiDC, données d’état civil recueillies par l’Insee
- Indicateurs sociodémographiques, décrivant l'évolution de la population :
→ Ex. espérance de vie et ses différentes déclinaisons, indicateurs de natalité et de fécondité, structures d'âge)
→ Produit par l’Insee en France grâce à des enquêtes de recensement organisées selon la taille des communes ⭐️ :
° Communes de < 10.000 habitants : enquête de recensement exhaustive 1x tous les 5 ans
° Communes de ≥ 10.000 habitants : enquête annuelle par sondage auprès d’un échantillon de 8% des logements
→ Données de l’état civile (naissances, décès, mariages …), Enquêtes démographiques spécifiques : aussi utilisés
Cette méthode de recensement remplace le comptage de l'ensemble de la population qui était organisé tous les 8 ou 9 ans, le recensement général de la population de 1999 a été le dernier de toute la population française en même temps ⭐️ |
| Limites des indicateurs de santé publique | - Nécessaire de disposer de plusieurs indicateurs et de les interpréter conjointement
(un seul indicateur de santé ne saurait résumer une situation sanitaire dans sa globalité)
- Indicateurs de mortalité (description des causes de décès) informent peu sur :
→ Pathologies non létales
→ Impact social, économique ou sur la qualité de vie des pathologies chroniques
- Taux de mortalité globale peu utile pour rendre compte de la mortalité dans la population plus jeune
(en raison du poids des décès dans la population âgée)
- Indicateurs de morbidité ne reflètent que partiellement l'impact des pathologies, notamment :
→ Retentissement fonctionnel (incapacité, handicap) ou en Termes de qualité de vie |
Standardisation : outil pour comparer l’état de santé de 2 populations
Enquêtes descriptives (mortalité, prévalence d'une maladie dans une population...) peuvent donner lieu à des comparaisons entre 2 ou plusieurs populations différentes (dans le temps ou l'espace).
Toutefois, cela n'est possible que si les populations sont comparables.
Caractéristiques propres des populations (structure en âge, répartition par sexe) conditionnent fortement la survenue des problèmes de santé et interdisent d'emblée toute comparaison.
Cette comparabilité des observations s'obtient par la standardisation des données qui peut être directe ou indirecte :
|
Standardisation directe |
Standardisation indirecte |
| Méthode |
Méthode de la population type : consiste à appliquer aux effectifs par classes d'âge de la population de référence les taux de mortalité spécifiques par âge de la population étudiée |
Méthode de la mortalité type, vise à comparer la mortalité entre une petite population étudiée et une grande population de référence, pour ce faire elle consiste à comparer : |
- Nombre de décès observés dans une petite population
- Nombre de décès attendus dans la petite population si on lui applique les taux de mortalité de chaque classe d'âge de la grande population (considérée comme population de référence) |
| Interprétation | On obtient alors le nombre total de décès correspondant puis le taux global, appelé taux standardisé de mortalité (TSM) | Ratio nombre de cas observés/nombre de cas attendus dans la petite population est appelé ratio standardisé de mortalité ou d'incidence, appelé souvent SMR (Standardized Mortality Ratio) ou SIR (Standardized Incidence Ratio) :
- Si SMR = 1 : mortalité dans la population étudiée est identique à la référence
- Si SMR < 1 : mortalité est plus faible dans la population étudiée
- Si SMR > 1 : mortalité est plus forte dans la population étudiée |
| Population
de référence | Différents choix possibles, guidé par la pertinence de la réponse, ex. :
- Population française comprenant A et B
- Population des États-Unis ou mondiale
(pour comparer à la littérature internationale)
- Population fictive issue de A + B
- Population arbitraire | Souvent, 1 seul choix s'impose : population de référence contenant les populations étudiées
(ex. population française pour comparer la mortalité dans les régions Nouvelle-Aquitaine et PACA) |
| Conditions d’applications | Différence entre taux spécifiques dans les populations à comparer est constante (Reste applicable si les taux spécifiques d'une population restent supérieurs ou inférieurs constamment par rapport à l'autre population)
Si ces conditions ne sont pas vérifiées, ne pas utiliser cette méthode | Rapport des taux spécifiques entre les populations à comparer et la population de référence est constant (Reste applicable si le rapport des taux spécifiques d'une population reste constamment > 1 ou < 1 par rapport à l'autre population)
Si ces conditions ne sont pas vérifiées, ne pas utiliser cette méthode. |
| Informations nécessaires | - Dans la population étudiée :
→ Distribution des effectifs par classes d'âge;
→ Distribution du nombre de décès par classes d'âge
(pour calculer les taux spécifiques de décès par classes d'âge)
- Dans la population de référence :
→ Distribution des effectifs par classes d'âge | - Dans la population étudiée :
→ Distribution des effectifs par classes d'âge
- Dans la population de référence :
→ Distribution des effectifs par classes d'âge
→ Distribution du nombre de décès par classes d'âge
(pour calculer les taux spécifiques de décès par classes d'âge) |
Priorités de santé en santé publique
| Définir un problème de santé publique | Critères constitutifs d'une priorité de santé publique s'apprécient en fonction de différents points de vue : priorité de santé publique n'est pas fixée unilatéralement par les autorités sanitaires, les experts ou les patients, la formulation d'une priorité de santé repose sur la combinaison de 3 logiques :
- Logique médicale et scientifique : gravité (morbidité et/ou mortalité importantes), fréquence (incidence élevée)
- Logique économique : impact socio-économique, faisabilité (coût …)
- Logique sociale : perception du problème, acceptabilité
En point de vue politique, la priorité de santé publique s’envisage généralement par une approche simple et binaire :
- 1ère approche porte sur le problème : considéré comme grave et sous-estimé
- 2nd approche porte sur la solution : présentée comme réaliste et avantageuse |
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| Qui décide ? | Décideur politique qui validera finalement la priorité de santé publique et il ne le fera pas sans une réelle adhésion de tous |
| Qui la soutient ? | Pour qu'une priorité de santé publique puisse être développée, il est nécessaire qu'elle soit soutenue par une institution (ministère de la Santé, agence sanitaire ...) qui s'assurera du maintien des financements, de la gestion des moyens mis en œuvre, de la mobilisation des professionnels de santé |
| Qui l’élabore, la met en oeuvre ? | Exemple de la CNS (conférence nationale santé), qui exerce 3 missions :
- Formuler des avis sur l'amélioration du système de santé, en particulier sur :
→ Projet de loi définissant les finalités et priorités de la politique de santé
→ Finalités et axes stratégiques de la politique nationale de santé
→ Plans et programmes nationaux de santé;-
- Contribuer à l'organisation de débats publics sur les questions de santé
- Élaborer chaque année un rapport sur le respect des droits des usagers du système de santé |
| Qui l’évalue ? | Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui dépend du ministère de la Santé, est le plus souvent chargé de ces évaluations |