| Définition | - Perte de poids (correspond à une perte de masse intracellulaire répartie harmonieusement ou non)
- Notion dynamique : perte de poids est évolutive dans l'amaigrissement
(perte de poids de 5 kg est toujours significative, qu'elle soit involontaire ou provoquée) |
| --- | --- |
| Cause | Témoin d'un déséquilibre avec des apports alimentaires inférieurs aux dépenses énergétiques |
| Diagnostic différentiel | - Perte de poids secondaire à un mouvement hydrique (perte d'oedème ≠ aimaigrissement)
- Maigreur constitutionnelle (caractère familial fréquent) :
→ Poids a toujours été bas, pas d’évolutivité, poids stable, personne en bonne santé
→ Masse grasse est abaissée (< 10% homme, < 15% femme), Force musculaire conservée, IMC > 16
→ Situation non pathologique, mais la faiblesse des réserves énergétiques implique :
° Favorise l'ostéopénie
° Plus grande fragilité en situation de carence d'apports prolongée |
| 4 mécanismes | - Diminution des ingesta (apports alimentaires) = causes la plus fréquente
- Malaborption/Maldigestion (souvent accompagnés de signes digestifs)
- Pertes caloriques et/ou protéiques (glycosurie, syndrome néphrotique, entéropathies exsudatives …)
- Augmentation des dépenses énergétiques :
→ Activité physique, Thermorégulation (frisson, sudation)
→ Maladies aiguës ou chroniques, Traitement (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie)
→ Phénomènes de réparation, cicatrisation |
| 5 grandes causes | - Organiques
- Psychiatriques : baisse des ingestas, manoeuvre de purges, augmentation activité physique
- Socio-environnementale : difficulté d'accès aux aliments ou négligence vis-à-vis de l'alimentation
- Iatrogène : médicaments diminuant l'appétit (chimiothérapie, morphinique, antidépresseurs)
- Amaigrissement volontaire non psychiatrique |
Démarche diagnostique devant un amaigrissement
|
Démarche clinique |
| Confirmer |
- Affirmer l’amaigrissement : pesée du patient (perte en %, perte de poids de 5 kg est toujours significative) |
| (il est possible de parler d’amaigrissement si perte de poids chez un obèse par exemple) |
|
- Ralentissement de la courbe de croissance peut précéder la stagnation/perte pondérale chez l’enfant 🚩 |
| Étiologie ? | - Évaluation des ingestas : relevé alimentaire ≥ 1-3 jours par diététicien, EVA de la prise alimentaire avec score SEFI
- Rechercher un syndrome de malabsorption/maldigestion = diarrhée + syndrome carentiel
- Rechercher des signes en faveur d’une étiologie |
| Gravité ? | - Évaluer le retentissement de l’amaigrissement : asthénie, constipation, HTA, bradycardie < 50 bpm, hypothermie, anomalies du cycle menstruel, hypoglycémies symptomatiques (notamment quand IMC < 13), ralentissement psychomoteur
- Évaluation de la fonction/force musculaire à la recherche de sarcopénie
- Recherche d’oedème des membres inférieurs pouvant traduire dénutrition protéique sévère |
| | Examens complémentaires |
| Indications | Bilan est orienté par l’examen, ci-dessous le bilan à réaliser devant amaigrissement involontaire isolé sans orientation |
| Biologie | - NFS, CRP, Bilan hépatique, Ionogramme, créatinémie
- Calcémie, Glycémie, Albumine, Transthyrétine, TSH ultrasensible
- IDR à la tuberculine, Sérologie VIH
- Bandelette urinaire |
| Imagerie | - RXT ou TDM thoracique
- TDM-AP ou Échographie AP
- Radiocinéma de la déglutition : si sujet âgé ou pathologies neurologiques |
Diagnostic étiologique d’un amaigrissement
| Restriction alimentaire involontaire | - Si fièvre : infection (tuberculose, VIH, EI subaigue), inflammation (Horton), cancer (lymphome, hémopathie, rein, foie)
- Si apyrétique : néoplasie profonde, maladie inflammatoire, cause métabolique, atteinte neurologique
- Syndrome dépressif : évoqué si signes dépressifs, mais il s’agit d’un diagnostic d’exclusion |
| --- | --- |
| Restriction alimentaire volontaire | - Régime restrictif : raisons médicales (traitement des maladies de surcharge), esthétiques, revendicatrices (grève de la faim)
- Anorexie mentale, TCA
- Pathologie digestive, ORL, stomatologique à l’origine de dysgeusie, odynophagie, dysphagie aux solides, troubles de la déglutition, fausses routes, dyspepsie, douleur abdominale : peuvent conduire le malade à restreindre volontairement son alimentation |
| Pas de restriction alimentaire voire hyperphagie | - Diabète sucré insulinopénique
- Hyperthyroïdie, Phéochromocytome
- Maladie d'Addison, Insuffisance antéhypophysaire : plus rares
- Syndrome du grêle court (à évoquer devant des ATCD de résections intestinales)
- Parasitoses intestinales
- Néoplasie (toujours y penser dans ce contexte) |
| Sujet âgé | Amaigrissement est souvent dépressif (isolement par ex.), avec réduction des apports alimentaires, mais doit impérativement faire rechercher une pathologie organique sévère (notamment néoplasique ou inflammatoire), du fait du risque majeur de dénutrition |