| Prévalence |
Prévalence sur la vie : 0,6% (1,5% chez la femme, 0,2% chez l’homme), Pédiatrie : 1% |
| Sex-ratio |
Prédominance féminine (8F/1H), Pédiatrie : 10F/1G |
| Âge de début |
- Début entre 15-25 ans dans la majorité des cas (âge moyen à 17 ans) |
- Formes de début précoce : à partir de 6-7 ans
- Formes tardives : débutant à l’âge adulte |
| Population
à risque | - Adolescentes, Mannequinat, Pratique de sport avec contrôle de poids (danse, gymnastique, boxe) ⭐️
- Maladie chronique avec régime, ATCD familiaux de TCA, ATCD d'abus sexuel |
| Évolution spontanée | - Évolution se fait souvent vers : Chronicité (au bout de ≥ 5 ans d’évolution) ou Enkystement du trouble
- Maladie psychiatrique qui a le taux de mortalité le plus élevé, avec taux de suicide associé le plus important :
→ Selon psy : mortalité atteint environ 5% à 10 ans après le début de la maladie
→ Selon nutrition : mortalité +1%/an
→ Mortalité en baisse selon pédiatrie, surtout dû aux troubles du rythme sur hypokaliémie, ou suicide |
| Évolution sous traitement | Maladie chronique, évoluant le plus souvent sur quelques années (< 2 ans en population générale) :
- Rémission complète : 50%
- Rémission partielle : 30%
- Forme chronique ou Décès : 20-30%
- Rechutes : fréquentes, 30-50% de rechutes dans l’année qui suit une hospitalisation |
| Facteurs pronostiques | - Mauvais pronostic : début chez un enfant prépubère ou début à l’âge adulte
- Facteurs de bon pronostic :
→ Début à l’adolescence (anorexie débutant à l'adolescence évolue favorablement dans 60 à 70% des cas)
→ Prise en charge précoce, Bonne alliance avec la famille et l’adolescent
→ Anorexie du garçon a le même pronostic que chez la jeune fille (ce n’est pas un facteur pronostique) |
| Objectif
de la PEC | Dépistage/Traitement du trouble doivent être les plus précoces possible, objectif est de prévenir le risque d’évolution vers une forme chronique et les complications médicales, psychiatriques ou psychosociales, surtout chez adolescents |
Démarche diagnostique : anorexie mentale
Diagnostic positif
- Éléments cliniques : anorexie mentale
- Modalité de repérage (formes subsyndromiques sont plus fréquentes)
- Diagnostics différentiels de l’anorexie mentale
- Bilan para-clinique de l’anorexie mentale (HAS)
Complications de l’anorexie mentale
| Digestives
Hépatiques | - Complications liées aux vomissements (cf item vomissements)
- Hypertransaminasémie : signe de gravité lié à la dénutrition, mais peut survenir lors d'une renutrition trop rapide
(modérée en général < 10N, mais peut être sévère > 10N associée à une insuffisance hépatocellulaire)
- Syndrome de la pince aortomésentérique (complication rare qui se voit lorsque la perte de poids est rapide)
- Dilatation aiguë de l'estomac (si CB), Retard à la vidange gastrique, Prolapsus rectal
- Bactériémie : sur translocation bactérienne en cas de fécalome secondaire à la constipation |
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| Hémodynamiques
Cardiaques | - Hypotension artérielle sévère, Tachycardie (signe de gravité)
- Bradycardie avec allongement de l'espace QT avec risque de torsade de pointes (aggravée par neuroleptiques)
- Arrêt cardiaque
- Anomalies échographiques :
→ Prolapsus de la valve mitrale
→ Diminution de la masse cardiaque, Insuffisance cardiaque, Épanchement péricardique |
| Neurologiques | - Ralentissement psychomoteur (si dénutrition sévère)
- Atrophie cérébrale (SB,SG), Élargissement des espaces cérébrospinaux externes, Dilatation des ventricules latéraux |
| Rénales
Hydro-électrolytiques
Métaboliques | - Insuffisance rénale fonctionnelle, Déshydratation, Hypernatrémie
- Hypokaliémie: liée aux vomissements, prise de laxatifs ou diurétiques (exceptionnellement carence d'apport)
- Hyponatrémie (potomanie, parfois par abus de laxatifs ou de diurétiques)
- Alcalose hypochlorémique (quasi pathognomonique de vomissements chroniques)
- Hypocalcémie, Hypomagnésémie (à l'origine d'hypocalcémie), Hypophosphorémie (SRI ++ ), Hypoglycémie
- Cholestérol total et LDL-C inversement corrélés à l'IMC
- Carence en zinc, en sélénium, en cuivre |
| Obstétricales | Augmentation des taux de prématurité et de la mortalité périnatale |
| Endocrinologique | Aménorrhée (facteur de gravité, origine hypothalamique), Hypofertilité/Infertilité, Retard pubertaire (si début précoce) |
| Osseuses | Retard de croissance, Ostéopénie, Ostéoporose (= complication au long cours), Fractures osseuses |
| Hématologiques
Immunologiques | - Leucopénie (risque accru d’infection), Thrombopénie, Anémie normocytaire arégénérative
(causes : carence en Fer/B9/B12, hypoplasie médullaire, voire transformation gélatineuse de la moelle)
- Perturbations de l’immunité cellulaire, Baisse du complément sérique |
| Psychiatriques | - Conduites addictives : alcoolisme, toxiques, psychotropes
- Majoration des symptômes anxio-dépressifs, Insomnie, Phobies diverses, Obsessions
- Passage à l'acte auto- ou hétéro-agressif, Tentative de suicide
- Pas de troubles des impulsions (ex. kleptomanie) qu’on retrouve plutôt dans boulimie et hyperphagie boulimique |
Prise en charge de l’anorexie mentale
- Critères d’hospitalisation dans l’anorexie mentale (tombé en annale +++)
- Traitement de l’anorexie mentale
| Objectif | Prise en charge est souvent contractualisée (ex. « contrat de poids »)
- Objectifs pondéraux, nutritionnels et psychothérapeutiques doivent être fixés individuellement
- Tenir compte de l’avis du patient ++ |
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| Acteurs | - Pluridisciplinaire (partenariat entre psychiatres et autres spécialités)
- Famille joue un rôle clé dans le succès du traitement : doit être le plus possible associée à la PEC
(les aider à comprendre la maladie de leur proche, les orienter vers associations/familles de malades/groupes de soutien) |
| Orientation | Prise en charge ambulatoire recommandée si possible
(en dehors des indications d’hospitalisation) |
| Durée | - Prise en charge doit être prolongé (≥ 1 an après la rémission)
- Prise en charge doit être ininterrompue (programmation des relais, synthèse entre les équipes...) |
| Traitement | - PEC nutritionnelle : indispensable, mais la reprise de poids seule résoudrait la problématique de l'AM
- PEC psychothérapeutique : psychothérapie maintenue ≥ 1 an après la rémission du trouble |
| NON | - Pas de traitement pharmacologique spécifique de l’anorexie mentale
- Traitements médicaux seront utilisées surtout pour les comorbidités
- Utilisation des psychotropes doit par ailleurs être prudente chez le patient souffrant d’AM : allongement du QT ⚠️ |