| Douleurs nociceptives | - Dégâts tissulaire : bisphosphonates (ils ont aussi une action centrale)
- Environnement neurochimique des nocicepteurs sollicités (soupe inflammatoire) : AINS, corticoïdes, biothérapies
- Fibres afférentes : en modifiant leur contenu (capsaïne), ou affectant la conduction des influx (anesthésiques locaux)
- Relais centraux des voies nociceptives : opioïdes, corticoïdes, kétamine, anesthésiques locaux en IV, certains ATB (cyclines en particulier qui inhibent l’activation des cellules gliales spinales), cannabinoïdes … |
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| Douleurs neuropathiques | - Atténuer l’électrogenèse anormale : anti-épileptiques, certains inhibiteurs calciques, corticoïdes
- Restaurer des contrôleurs inhibiteurs défaillants : anti-dépresseurs
- Atténuer la sensibilisation centrale qui fait suite à l’activité électrique anormale : kétamine, gabapentinoïdes |
| Douleurs nociplastiques | Traitement visant à reduire la sensibilisation persistante des voies centrales :
→ kétamine, activateurs de la recapture du glutamate (certaines céphalosporines), naltrexone à très faibles doses |
- **Traitements anti-épileptiques à action antalgique : gabapentine** (1ère intention DN), prégabaline (2nd intention DN), carbamazépine (névralgie du V) …
- Antidépresseurs à action antalgique
- Kétamine
MEOPA, ou mélange équimolaire oxygène-protoxyte d’azote
- Effets indésirables liées à l'utilisation du MEOPA ou du N₂O
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Modalités du Mélange équimolaire oxygène-protoxyte d’azote |
| Composition |
N₂0 est utilisé en analgésie en respectant les règles d'utilisation de l'anesthésie, c'est-à-dire obligatoirement en association à de l'oxygène : |
- MEOPA est composé de 50% d'O₂ et de 50% de N₂O
- N₂O est couplé à l'O₂ pour des raisons de sécurité : risque d'hypoxémie sous N₂O par asphyxie car le N₂0 prend la place de l'O₂ dans les alvéoles pulmonaires |
| Voie | Administration par inhalation au moyen d’un masque facial |
| Indication | Indiqué pour les procédures douloureuses de courte durée chez l'adulte et chez l'enfant
→ permet une analgésie en < 3-5 minutes (délai d’action, puis poursuivre pendant le soin) avec sédation consciente et anxiolyse |
| Âge | - À partir de l'âge d'1 mois, mais surveillance de la sédation plus délicate chez le bébé
- Acceptation du masque parfois difficile avant 3 ans : ne jamais administrer de force |
| Effets indésirables | Nausées/vomissements, Sédation → réversibles en quelques minutes à l'arrêt |
| Risques | Complications sont liées à l'utilisation du MEOPA ou du N₂O en mésusage récréatif → Syndrome neuro-anémique, Pneumothorax/Pneumomédiastin |
| Précautions | - Utilisation hospitalière exclusive 🏥, formation courte obligatoire pour l’utiliser
(administré au moyen d'un matériel spécifique avec une évacuation adaptée)
- Patient doit être coopérant, conscient, non agité ✅ → privilégier l’auto-administration +++
- Supplémentation en B9/B12 nécessaire si administration répétée
- MEOPA doit être administré avec un système d'inhalation étanche associé à un système d'évacuation du gaz hors de la pièce
(afin de limiter l'exposition professionnelle)
- Surveillance clinique continue de l'état du patient : sédation, effets indésirables.
- Apparition de nausées et/ou vomissements peut faire craindre une inhalation → interrompre l'administration, justifie la présence du matériel d'aspiration
- Il est recommandé de limiter l'administration à 60 min/jour, sans dépasser 15 jours |
| | Contre-indications au Mélange équimolaire oxygène-protoxyte d’azote |
| Technique | Utilisation du masque impossible : absence de coopération du patient, agitation, traumatisme maxillo-facial |
| Cavités aérique | Situations à risque d'expansion de cavités aériques par le N₂O :
- Pneumothorax, Pneumopéritoine, Occlusion digestive et iléus, Emphysème pulmonaire, Embolie gazeuse
- Chirurgies ophtalmologiques avec gaz ophtalmique SF6/C3F8/C3F6, et ORL (oreille interne et moyenne, sinus)
- Après plongée (expansion des bulles de décompression par le N₂O) |
| Pression IC | HTIC (traumatisme crânien possiblement grave, suspicion d'hémorragie méningée) car le N₂O peut augmenter la pression intra-crânienne |
| Respiratoire | Oxygénodépendance > 50% |
| Neurologique | Anomalies neurologiques d’apparition récente et non expliquées |
| Hématologique | Déficit en vitamine B12 et en folates |
Anesthésiques locaux
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- Deux grandes classes :
- Amides : lidocaïne, prilocaïne, bupivacaïne, ropivacaïne
- Esters : procaïcine, tétracaïne
- Ils diffèrent par leur puissance, délai et durée d'action, toxicité
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| EMLA | EMLA (mélange eutectique d’anesthésiques locaux) = mélange à part égale de lidocaïne/prilocaïne :
- Indiqué dans le traitement et la prévention des douleurs induites par les soins
→ Ponctions veineuses/artérielles, PL …, voire sur des plaies (ex. ulcérès variqueux) pour des soins indolores
- Doit être posé ≥ 15-20 minutes avant le geste, sous occlusion
- Effet : Anesthésie cutanée superficielle qui dure 1 à 2h
- Effets secondaires habituels = érythème ; Surdosage (surtout chez les nourrissons) peut entraîner une méthémoglobinémie |
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| Emplâtre | Emplâtre adhésif imprégné d’anesthésique locale, indiqué dans les douleurs neuropathiques de topographie limitée :
- Ex. douleur post-zostérienne, douleur sur lésion nerveuse périphérique, mais AMM limité à la douleur post-zostérienne
- Doit être appliqué au plus < 12h/jour (laissé 12h avec une action de 24h) |
| Techniques de blocs | Domaine de prédilection de l’anesthésie locorégionale (pour analgésie per et post-opératoire)
Vu la relative brièveté de durée d’action des anesthésiques au regard de la douleur provoquée par un dégât tissulaire : la mise en place d’un cathéter au contact de la structure nerveuse est souvent nécessaire (plexus brachial, nerf fémoral, espace péridural …) |
| Infiltration | En prévention de la survenue de douleurs neuropathiques chroniques :
- Infiltration anesthésique locales des filets nerveux avant la chirurgie (en effet, toute infiltration peut léser des filets nerveux, ce qui est un FR de douleurs chroniques post-opératoires, l’infiltration réduit ce risque de 50%)
- Infiltration anesthésique locale d’un foyer opératoire articulaire (prévention du SDRC de type 1) |
| Voie IV | Lidocaïne est parfois utilisée en IV, associée aux autres analgésiques en cas de douleur réfractaire ou pour diminuer la posologie des analgésiques notamment morphiniques (analgésie multimodale) :
- Risques de trouble du rythme cardiaque (dont l'arrêt cardiaque) en cas de surdosage ou d'administration trop rapide
- Cette voie est à réserver au cadre péri-opératoire avec une surveillance ECG continue, et à la réanimation/médecine intensive
- Contre-indiquée chez les patients sous traitement anti-arythmique |
| Effets indésirables | - Anesthésiques locaux en topique (crème, patch) : rougeur locale, allergie
- Anesthésiques en injection : toxicité cardiovasculaire et neurologique
- Si passage sanguin accidentel (attention test d'aspiration avant injection) ou surdosage
(attention : dose max 5 mg/kg pour la lidocaïne).
- 1ers signes de toxicité : troubles visuels, goût métallique, acouphènes, difficultés d'élocution, bâillements, paresthésies des lèvres
- Toxicité : bradycardie, hypotension, troubles du rythme, convulsions, dépression du SNC, dépression respiratoire.
- Antidote : émulsion lipidique à 20 % (Intralipide 20 %®), dans le chariot d'urgence |
Autres thérapeutiques médicamenteuses antalgiques
| Capsaïcine | Substance responsable des effets du piment, agoniste des canaux TRPV1 (impliqués dans la nociception au chaud, aux protons … et surtout dans la sensibilisation des nocicepteurs, en effet la capsaïcine a initialement un effet excitateur, puis lors des applications répétées, entraîne la désensibilisation des nocicepteurs), indiquée principalement dans les douleurs neuropathiques de topographie limitée (en 2nd intention) :
- Capsaïcine 0,025% : application locale répétée, action de désensibilisation, utilisée dans les douleurs chroniques
- Capsaïcine 8% : application locale 30-60 minutes, tous les 3 mois, action pour destruction neurotoxique (action toxique sur les fibres C dysfonctionnelles), l’application peut être douloureuse et nécessiter une sédation ou l’application préalable d’EMLA |
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| Magnésium | Magnésium agit également par inhibition du récepteur NMDA, est utilisé parfois comme adjuvant pour réduire la consommation d'opioïdes dans des protocoles d'analgésie multimodale péri-opératoire |
| Corticoïdes | Corticoïdes agissent plus en amont de la réaction inflammatoire que les AINS :
- Bloquent ainsi les 2 voies : de la cyclo-oxygénase (COX) et de la lipo-oxygénase (LOX)
- Indications principales : maladies rhumatismales inflammatoires ou pour certaines douleurs cancéreuses (métastases osseuses) |
| Myorelaxants | - Myorelaxants d'action GABA-ergique centrale (diazépam, baclofène) sont utiles dans :
→ Douleurs de rétractions tendineuses accompagnant les déficits neurologiques centraux (ex. hémiplégie spastique)
→ Spasmes musculaires de la SEP
- Dantrolène : utile dans certaines dystonies périphériques par son action directe sur les fibres musculaires striées (myorelaxant direct) |
| Antispasmodiques intestinaux | Antispasmodiques ou « spasmolytiques » intestinaux, tels que le phloroglucinol peuvent être utiles pour traiter :
- Voie orale (phloroglucinol, trimébutine, tiémonium) ou Voie injectable (phloroglucinol)
- Spasmes intestinaux (douleurs associées à la diarrhée), utérins (menstruations doulou reuses)
- Manifestations douloureuses spasmodiques des voies urinaires (colique néphrétique) ou biliaires
- Contrairement à d'autres spasmolytiques, le phloroglucinol n'a pas d'effets secondaires anti cholinergiques en pratique, et pas d'effet secondaire notable, mais l'administration doit être arrêtée en cas de diminution du transit intestinal (risque d'iléus) |
| Anxiolytiques | - Hydroxyzine ou BZD : en prémédication de gestes douloureux afin de diminuer l'anxiété
- Voie injectable (surveillance rapprochée) ou en intrarectal ou voie orale : midazolam |
| Bisphosphonates | Inhibiteurs de la résorption osseuse, ils ont aussi un effet antalgique indépendant des effets osseux (via l’inhibition de la libération des cytokines pro-inflammatoires, et de la production de prostaglandines), 2 indications dans le cadre des traitements antalgiques :
- Pathologies cancéreuses avec douleurs osseuses et/ou hypercalcémie (myélome, métastases osseuses)
- Algodystrophies : mais hors AMM, ils manquent encore des études dans cette indication |
| Naltrexone | Effet antalgique à faible dose, utilisée dans le maintien du sevrage aux opioïdes mais ses indications ne sont pas validées
(SDRC, fibromyalgie …) |
| Inhibiteurs de l’activation gliale | Certains antibiotiques (minocycline, ceftriaxone), mais aucune AMM dans la douleur |