https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/58. Brûlures.pdf
- Épidémiologie - Causes
- Physiopathologie
Évaluation du brûlé
- Évaluation de la profondeur d’une brûlure
- Évaluation de la surface cutanée brûlée
- Rechercher les localisations à risque
- Évaluation des fonctions vitales
Orientation du brûlé
- Critères de gravité d’une brûlure
- Orientation hospitalière
Focus : Intoxication aux gaz asphyxiants
| Quels gaz ? | Inhalation de fumées d’incendie est liée à la combustion des matériaux synthétiques et naturels au cours d’un incendie en milieu clos :
- CO : affinité supérieure du CO pour l’Hb comparativement à l'O2
- Cyanure : hypoxie cellulaire sans hypoxémie par blocage de la chaîne respiratoire mitochondriale |
| --- | --- |
| Contexte | Incendie en espace clos |
| Présentation clinique | - Symptomatologie respiratoire : toux sèche, dysphonie avec raucité de la voix, wheezing, ronchi et sibilants (évoque un bronchospame)
- Suies dans l'oropharynx ou dans les expectoriations
- Brûlures faciales et cervicales souvent associées : augmente le risque de détresse respiratoire par oedème des VAS |
| Paraclinique | Fibroscopie bronchique ++ (examen diagnostique le plus performant) : montre des suies et une muqueuse inflammatoire |
- Intoxication au monoxyde de carbone
- Intoxication au cyanure
Prise en charge du patient brûlé
| 1ers secours |
Protéger (interrompre l'action de l'agent brûlant), Alerter (15, 1ère chose à faire si on est seul), Secourir |
| Vêtements |
|
| Accessoires |
- Si enflammés : stopper les flammes en mettant l'individu au sol et en le roulant par terre si possible afin d'éteindre les flammes |
- Enlever les vêtements non adhérents, Retirer les bagues des doigts avant l'apparition de l'œdème
- Ne pas ôter les vêtements adhérents, sauf si imprégnés de liquides chauds ou de caustiques |
| Couvrir | Couvrir les brûlures avec un linge humide et propre |
| Refroidir | Refroidir la brûlure immédiatement :
- Soit Refroidissement par l'eau fraiche (règle des « 15 » = refroidir à l'eau à 15° pendant 15 minutes) :
→ Diminue la douleur et la profondeur de la brûlure
→ Risque : hypothermie ⚠️ (refroidissement interrompu si sensation de froid, rechauffer le brûlé par une couverture de survie)
- Soit Brulstop = hydrogel à appliquer sur la brûlure (recommandé si disponible) :
→ Objectif : refroidir + absorption de la chaleur par l’aquagel + diminuer la douleur
→ Refroidissement par l’eau fraiche n’est plus nécessaire si il est utilisé
→ Attention, il n’est pas recommandé si : état de choc, hypothermique, ou brûlure de > 1h ❌ |
| Si brûlure chimique | En cas de brûlure chimique, il est conseillé de rincer la peau pendant 30 minutes (eau à température ambiante)
→ action mécanique (douche) qui évitera l'approfondissement de la brûlure chimique |
| PEC médicale sur place | - Accès veineux, si possible en zone saine → Maintient d’une hémodynamique correcte
- Monitorage est continu (pression artérielle, fréquence cardiaque, saturation)
- Si brûlure périnéale → poser une sonde vésicale avant l'apparition d'un œdème
- Assurer de la liberté des VAS
- Oxygénothérapie : systématiquement débutée à débit élevé, puis adaptée à la SpO2 ou 15 L/min si suspicion d'intoxication au CO
- Antidote de l’intoxication au cyanure si nécessaire (hydroxycobalamine) |
Prise en charge hospitalière du brûlé
| Respiratoire | - Patients exposés à une inhalation de fumées et les brûlés sont à haut risque de SDRA
- En cas d’inhalation de fumées → discuter une fibroscopie bronchique (bilan lésionnel) |
| --- | --- |
| Cardiovasculaire | - Poursuivre le remplissage après la 1re heure de prise en charge en calculant les apports nécessaires :
→ Formule de Parkland : 4mL/kg/%SCB
→ Apports importants durant les 24h puis diminution le 2nd jour
- Noradrénaline peut être nécessaire
- Syndrome du compartiment abdominal ⚠️ : possible si remplissage important et fuite capillaire |
| Douleur | - À prendre en charge (paracétamol + morphine, ± kétamine, ± anxiolytique, ± neuroleptique/anti-épileptique si douleurs neuropathies, voire sédatation profonde aux 1ères phases de brûlures graves ou soins douloureux)
- Conséquences possibles de la douleur : syndromes confusionnels aigus, délires, agressivité et autres troubles comportementaux, majoration du stress métabolique, frein à la mobilisation (dénutrition, retard de cicatrisation) |
| Infections | - Aucune ATB systématique n’est prescrite dans les 1ères heures ❌
(peut être justifié si brûlures souillées ou brûlures de la région périnéale)
- Prévention anti-téntatanique
- Prévention de l’infection locale par traitement local :
→ Lavage, mise à plat des phlyctènes avec un savon antiseptique puis rinçage à l'eau stérile si brûlure profonde
→ Rasage des poils sur et en périphérie de la brûlure
→ Pansement avec un topique prévenant l'infection comme la sulfadiazine d'argent (Flammazine®)
→ Couverture cutanée, temporaire ou définitive en général par allogreffe
(pierre angulaire du traitement dans la prévention des infections à point de départ cutané) |
| Chirurgie | Incisions chirurgicales en urgence en cas de brûlure circulaire (classiquement dans un délai de < 6h)
- Escarrotomies (incision de l’escarre cutanée créee par la brûlure de 3ème degré)
- Aponévrotectomies (incision des loges musculaires, en cas d’hyperpression) |
| Nutrition | Brûlures graves s'accompagnent d'un stress oxydatif état inflammatoire systémique → état hypermétabolique
Semaines suivant l'agression thermique vont donc être associées à une dénutrition + risque infectieux majeur
→ Dans ce cadre, la nutrition entérale précoce fait partie de la thérapie initiale du brûlé grave |