https://www.sfendocrino.org/item-247-diabete-sucre-de-types-1-et-2-de-lenfant-et-de-ladulte-complications/
https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/40. Acidocétose diabétique et état hyperosmolaire.pdf (Acidocétose diabétique et état hyperosmolaire)
Physiopathologie des complications hyperglycémiques du diabète
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📌 Acidocétose diabétique et État hyperglycémique hyperosmolaire (ou « coma » car celui-ci est bien plus fréquent qu'au cours de l'acidocétose)
→ sont les 2 principales complications hyperglycémiques aiguës du diabète, liées à une carence en insuline
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- Acidocétose diabétique
- Coma hyperosmolaire
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Physiopathologie commune aux complications hyperglycémiques aiguës du diabète |
| Cause |
- Carence en insuline : par arrêt d'une insulinothérapie par exemple |
- Stress physiologique déclencheur (ex. infection) : augmentation des hormones hyperglycémiantes (cortisol, catécholamines, glucagon, hormone de croissance) |
| Conséquences | 1. Hyperosmolarité plasmatique causée par l’hyperglycémie : à l'origine d'une diffusion d'eau et d'osmoles du secteur intracellulaire vers le extracellulaire
- Glucosurie + Polyurie osmotique (perte urinaire d'eau et d'électrolytes) : si la glycémie dépasse les capacités de réabsorption tubulaire
- Déshydratation extracellulaire + Perte d'électrolytes (sodium, potassium, phosphore, magnésium)
- IRA fonctionnelle secondaire à la DEC : participe à l'hyperglycémie par réduction de l'excrétion rénale du glucose |
| | Sur quels éléments portent les différences physiopathologiques ? |
| État d'hydratation intracellulaire | État d'hydratation intracellulaire (osmolarité plasmatique) dépendra des apports d'eau libre, typiquement :
- Sujet jeune (DT1, sensation de soif conservée, accès à l'eau) : DEC isolée, hydratation intracellulaire conservée, sauf si réhydratation avec boissons sucrées
- Sujet âgé (DT2, difficulté d'accès à l'eau, diminution de la sensation de soif) : déshydratation globale (DEC + État hyperosmolaire) |
| Carence profonde
en insuline | 1. En cas de carence profonde voire absolue en insuline (DT1 généralement) : Lipolyse + Protéolyse
- Corps cétoniques produits par la Lipolyse/Protéolyse :
→ Acide acéto-acétique, Acide β-hydroxybutyrique : acides forts
→ Acétone : n'est pas un acide ❌, est responsable de l'haleine caractéristique des patients présentant une acidocétose
- Accumulation plasmatique d'acides forts, après épuisement des capacités d'élimination urinaire, induit :
→ Acidose métabolique à trou anionique augmenté |
Diagnostic positif des complications hyperglycémiques du diabéte
- Examens complémentaires à demander en urgence face à une suspicion clinique
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Acidocétose diabétique |
État hyperosmolaire |
| Glycémie |
Diabète connu ou Glycémie > 11 mmol/L (2 g/L, 200 mg/dL) |
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| (selon endoc/pédiatrie : seuil à > 2,5 g/L) |
Glycémie > 30 mmol/L [> 6 g/L] |
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| Cétonémie |
Cétonémie (acide hydroxybutyrique) > 3 mmol/L |
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| (cétonémie est plus recommandée que la cétonurie) |
Absence de cétonémie (< 2 mmol/L) |
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| Cétonurie |
Cétonurie (acide acéto-acétique) ≥ ++, soit > 3 mmol/L |
Absence de cétonurie franche (< ++) |
| pH |
Acidose métabolique, avec : |
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- Soit Bicarbonate < 15 mmol/L
- Soit pH veineux < 7,30 | Absence d'acidose importante, pH > 7,30
(pas toujours observé si l'insuffisance rénale est assez profonde) |
| Osmolarité | Variable, en règle général normale (natrémie mesurée souvent basse, mais natrémie corrigée normale) | Hyperosomolarité > 320 mOsmol/kg H2O
([Na+]+ 13) × 2 + [Glycémie] ou 2 × [Na+] + Glycémie (mmol/L) |
| Terrain | Sujet jeune DT1 | Sujet âgé DT2, Maladie de la soif ++ |
| Cause | Inaugural ou Arrêt de l’insuline | Facteur décompensant infectieux fréquent |
| Clinique commune | - Syndrome cardinal aggravé (plus fréquente dans le DT1) :
polyuro-polydispsie, amaigrissement, hyperphagie
- DEC : pli cutané, soif, hypotension, tachycardie ...
- Troubles digestifs (peut aggraver la DEC) : nausées, vomissements, douleurs abdominales, ****diarrhées | - Syndrome cardinal aggravé (plus fréquente dans le DT1) :
polyuro-polydispsie, amaigrissement, hyperphagie
- DEC : pli cutané, soif, hypotension, tachycardie ...
- Troubles digestifs (peut aggraver la DEC) : nausées, vomissements, douleurs abdominales, ****diarrhées |
| Clinique
(spécifique) | - Odeur acétonique de l'haleine
- Dyspnée de Kussmaul (inspiration/pause/expiration/pause) | - Signes neurologiques au 1er plan (troubles de la conscience ++)
- Signe de déshydratation globale |
| Mortalité | 1% | 20-40% |
- Manifestations cliniques
- Évaluation biologique des désordres métaboliques
Prise en charge des complications hyperglycémiques du diabéte
- Prise en charge thérapeutique immédiate de l’acido-cétose chez l’enfant (quasi-identique à l’adulte)
- Oedème cérébral = complication à redouter chez l’enfant
| Orientation
du patient | - Ambulatoire (rare, mais possible) si : pas de signe de gravité, patient bien éduqué, ayant accès à insuline rapide
- Hospitalisation en unité de surveillance continue 🏥, le plus souvent :
→ Soit en service de diabétologie
→ Soit en soins intensifs/réanimation si signes de gravité :
° Sujet âgé, Glasgow < 12, SaO2 < 92%, PAS < 90 mmHg, FC > 100 ou < 60 bpm
° Cétonémie > 6 mmol/L, Bicarbonate < 5 mmol/L, pH < 7, Hypokaliémie, Trou anionique > 16 |
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| Conditionnement | Scope, tensiomètre, oxymétrie de pouls, accès veineux de bonne qualité |
| Hydratation | 1. Cristalloïdes (NaCl 0,9 %) : dans tous les cas initialement (1L sur 1h, ou 500mL en débit libre / 20 mL/kg si état de choc
- Eau per os ou Solutés hypotoniques : en relais si état hyperosmolaire, en évitant un passage en hyponatrémie |
| Troubles électrolytiques | - Phosphore IV, Magnésium IV : peuvent être apportés, car toujours diminués par la diurèse osmotique
- Supplémentation potassique IV (débutée seulement après obtention de la kaliémie) :
→ Si hypokaliémie (< 3,5 mmol/L) : débuter la supplémentation avant de débuter l'insuline (insuline fait baisser la kaliémie)
→ Si normokaliémie (3,5-5 mmol/L) : débuter la supplémentation (après avoir vérifié la présence d'urine et la créatinine)
→ Si hyperkaliémie (> 5 mmol/L) : reporter le début de la supplémentation potassique (quelques heures après)
(en pratique, selon ped : en l’absence de signes ECG d’hyperkaliémie et d’anurie, on peut débuter la supplémentation) |
| Insulinothérapie | Insuline IV en continue à forte dose (0,05 ou 0,1 UI/kg/h selon l'âge et la sévérité, sans bolus initial, sans dépasser 7U/h) :
- Si acétocétose
→ Objectif : inhiber la lipolyse à l'origine de l'acidose
→ Poursuite de l'insulinothérapie tant que persiste la cétose (même si normalisation de la glycémie)
→ Si la glycémie baisse < 2,5 g/L et que la cétose persistance : administrer du glucose et poursuivre l’insulinothérapie
- Si état hyperosomolaire :
→ Objectif : normaliser la glycémie pour interrompre la diurèse osmotique
→ Précaution : contrôler la vitesse de diminution de la glycémie et de se fixer un seuil bas qui est > 2,5 g/L |
| Autres mesures thérapeutiques | - Relais par insuline sous-cutanée : nécessaire après résolution de la complication hyperglycémique, y compris si DT2
(reprise du traitement hypoglycémiant oral sera possible à distance chez le DT2)
- Vitamine B1 : essentielle lors de l’insulinothérapie, chez tout patient alcoolique ou dont on ne connait la consommation
- Bicarbonates : seulement si acidocétose avec pH < 7,0 chez des patients épuisés (risquent de réduire leur hyperventilation) |
| Évolution
(acidocétose) | - Régression sous traitement en 24-48h
- Complications iatrogènes : oedème cérébral, surcharge hydrosodée, hypokaliémie, hypophosphorémie |