| Deuil | - Réactions émotionnelles, cognitives, et comportementales face au décès d’une personne proche
- Réaction « normale » pour la majorité des personnes
- Réactions sont dépendantes du contexte socio-culturel ****: la douleur vécue par la personne endeuillée varie selon les valeurs, les habitudes de vie et les principes d’un groupe ou d’une société |
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| 4 phases dans le
deuil normal | Plusieurs types de réactions émotionnelles qui peuvent être entremêlées ou simultanées :
- Choc de la perte, avec souvent : Abattement, État de sidération affective (± symptômes dissociatifs)
- Sentiment d’absence relié à l’état de manque du défunt (angoisse, colère, désespoir, culpabilité ...)
- Tristesse
- Réorganisation ****avec acceptation de la réalité de la perte
(adaptation à une vie quotidienne réinvestie dans un monde où le défunt est absent) |
| Deuil normal | Deuil normal est processus évoluant généralement vers l’apaisement, dure en moyenne 2 à 3 mois
(durée va dépendre de : lien d’attachement avec le défunt, âge du défaut, circonstances du décès) |
| Deuil patho. | - Deuil prolongé
- Épisode dépressif caractérisé (trouble psychiatrique le plus fréquent en contexte de deuil)
- Troubles anxieux : en particulier le trouble anxieux généralisé
- TSPT : surtout si décès ou annonce du décès brutal (caractère traumatique)
- Deuil = facteur de décompensation de tous les troubles psychiatriques préexistants/usage de substance |
| Suicide | Risque de suicide est fortement augmenté dans le deuil :
- Surtout dans les quelques jours qui suivent le décès (parfois avec l’intention « d’aller rejoindre le défunt »)
- Durant la 1ère semaine du deuil : il est multiplié par > x50 chez les hommes, et par x10 chez les femmes |
| NON | Deuil n’entraîne pas de trouble de l’adaptation, on parlera de deuil pathologique |
| CAT en consultation | Prise en charge de la personne en deuil :
- Psychothérapie de soutien, Écoute empathique
- Identifier et Expliquer le processus normal du deuil, notamment en termes de réorganisation
- Pas de surmédicalisation du deuil normal : bien distinguer le deuil normal du deuil pathologique
- Insister sur l’importance de partager sa souffrance (amis, famille, associations de soutien ...)
- Plupart des personnes en deuil n’ont pas besoin de prise en charge médicale : phase aiguë du deuil est intense, elle se résout progressivement à mesure que la réalité de la perte est intégrée dans la vie quotidienne |
- Deuil prolongé
- Épisode dépressif caractérisé dans un contexte de deuil (trouble psychiatrique le plus fréquent en contexte de deuil)
Spécificités du deuil périnatal
| Deuil à part entière | - Aucune perte d’un bébé n’est à minimer, quelle que soit : Modalités de ce décès ou Durée du temps de vie partagé avec l'enfant
(perte d'un fœtus ou nouveau-né renvoie les parents aux mêmes problématiques que la perte d'un enfant plus âgé)
- Décrite par les parents comme « l'événement le plus traumatique qui soit » :
→ Annihilation de l'avenir envisagé, rêvé
→ Rupture dans l'ordre générationnel, engendrée par la mort de celui devait leur survivre
→ Effraction du sentiment de compétence parentale : certains parents ont le sentiment de « ne pas avoir su protéger leur enfant » |
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| Difficultés spécifiques | Au-delà de ces caractéristiques communes, certaines difficultés sont en rapport avec la brièveté de la vie de l'enfant, avec l'absence et le manque de souvenirs concrets, parfois avec l'absence de toute représentation physique de l'enfant :
- Collusion des temps du naître et du mourir, particulièrement violente
- Perte du statut de père et de mère en devenir lorsqu'il s'agit d'un premier enfant, Sentiment de faillite
- Impossibilité de la rencontre avec l'enfant, lorsqu'il décède in utero : moins les parents ont la possibilité d'élaborer l'altérité de l'enfant, plus la perte qu'ils éprouvent est celle d'une part de soi-même, blessure narcissique susceptible d'engendrer honte et culpabilité
- Sentiment d'irréalité ( « rien de tout cela n'est advenu »), provoqué par le peu ou l'absence de représentations concrètes de l'enfant
- Crainte d'une future grossesse, Crainte de perdre un autre enfant
- Intensité du sentiment de culpabilité (notamment dans les étiologies génétiques, malformatives)
- Fréquente sensation d'incompréhension par l'entourage qui peut minimiser cette perte |
| Selon les circonstances | Différentes circonstances de deuil périnatal s'accompagnent de vécus émotionnels différents:
- Décès de fœtus ou nouveau-né jumeau : fait coexister des sentiments contradictoires de joie et de tristesse, d'élan de vie et de mort
- Fausses-couches et Décès inopinés pendant la grossesse ou juste après la naissance :
→ Ne permettent aucun temps de préparation psychique
→ À l’inverse des décès un peu plus tardifs peuvent autoriser le sentiment d'avoir partagé avec l'enfant une vie courte mais pleine
- IVG/IMG exposent à :
→ Sentiment d'ambivalence intense, entre soulagement et culpabilité
→ Peur d'être jugés, peuvent susciter des conflits dans le couple ou avec l'entourage |
| Accompagnement spécialisé | - Restaurer chez les parents leur sentiment de compétence parentale, aussi brève qu'ait été la vie de leur enfant
- Proposer un accompagnement du deuil dans une dimension sociale, associative, grâce à des groupes de parole entre pairs
- Proposer un accompagnement social pour les démarches administratives (déclaration de décès, congés maternité et paternité, obsèques ...)
- Ouvrir à chacun un espace individualisé d'expression de sa souffrance, respectueux du vécu de chacun
- Frères et sœurs sont exposés à la perte de leur petit frère ou petite sœur, qu'ils attendaient et dont ils ne comprennent pas la disparition, au chagrin de leurs parents, qui peut susciter pour eux un sentiment d'abandon, de culpabilité, à l'angoisse de mourir eux aussi
- Grands-parents font face à une « double peine» : chagrin de la perte de leur petit-enfant se double du chagrin lié à leur impuissance à protéger leur enfant de la souffrance, ils sont également exposés à la culpabilité de survivre à leur petit-enfant |