https://www.sfcardio.fr/page/chapitre-9-item-152-endocardite-infectieuse
https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/pilly-etudiant/items-edition-2023/pilly-2023-item-152.pdf
https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/49. Endocardite infectieuse.pdf (MIR)
| Définition |
Endocardite infectieuse est une infection de l’endocarde touchant le plus souvent une ou plusieurs valves cardiaques natives mais pouvant également intéresser l’endocarde pariétal ou tout matériel intracardiaque implanté (prothèses valvulaires, sondes de stimulateurs, sondes de défibrillateurs, assistances ventriculaires, cathéter veineux central) → valves du coeur gauche sont plus souvent touchés que celles du coeur droit |
| Endocardite non infectieuse |
Il existe des endocardites non infectieuses beaucoup plus rares qui peuvent être liées à : |
| → cancers (endocardites marastiques) ou des maladies auto-immunes (lupus [lésions de Libman-Sacks], SAPL) |
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| Épidémiologie |
Incidence de l’EI n’a pas diminué au cours des dernières décennies mais le profil des patients atteints ainsi que la répartition des micro-organismes en cause se sont modifiés, en effet, avec le vieillissement de la population, les progrès médicaux, la modification des modes de vie et la régression des valvulopathies post-rhumatismales, les patients atteints sont désormais plus âgés et/ou présentent d’autres situations exposant à l’EI comme : |
- Valvulopathies dégénératives (fibrose, prolapsus mitral)
- Toxicomanie intraveineuse
- Augmentation des procédures de soins à risque : chirurgie sous circulation extracorporelle, cathéters veineux, cathétérisme cardiaque, hémodialyse, implantation de stimulateur/défibrillateur cardiaque, ponction articulaire, chambre implantable sous-cutanée pour perfusions intraveineuses …
Avant ces changements les Streptocoques oraux étaient majoritaires, aujourd’hui il s’agit du Staphylocoque |
| Sex-ratio | Prédominance masculine |
| Âge | Plus fréquente après 70 ans |
| Mortalité | Maladie grave dont la mortalité hospitalière est de l’ordre de 15-30% (principales causes de décès : IC aiguë ou complications neurologiques) |
| Facteurs de mauvais pronostic | Principaux facteurs de mauvais pronostic sont :
- Insuffisance cardiaque aiguë, Complications neurologiques, Syndrome infectieux mal maîtrisé, Abcès intracardiaques*,* Végétations volumineuses
- EI sur prothèses
- Micro-organismes très virulents (EI les plus graves) : Staphylococcus aureus **et champignons
- Terrain fragile (comorbidités) : âge avancé, diabète, immunodépression, insuffisances cardiaque, rénale, respiratoire préexistantes |
- Agents pathogènes impliqués dans l’endocardite infectieuse
- Cardiopathies à risque d’endocardite infectieuse (tombé en annale)
- Physiopathologie de l’endocardite infectieuse
Démarche diagnostique de l’endocardite infectieuse
- Images
- Critères diagnostiques de Duke modifiés (2023)
| Tableau clinique devant faire évoquer une EI | Repose sur l’association d’une fièvre avec :
→ Cardiopathie à risque d’EI ou Souffle cardiaque ou Accident ischémique ou Purpura ou Lombalgie |
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| Syndrome infectieux | Fièvre, AEG, Splénomégalie (20-30%) |
| Signes cardiaques | - Apparition d’un souffle ou Modification d’un souffle connu (valeur diagnostique considérable devant un syndrome infectieux inexpliqué)
→ absence de souffle ne permet cependant pas d’exclure le diagnostic
- Insuffisance cardiaque (toute insuffisance cardiaque fébrile doit faire évoquer le diagnostic d’endocardite) : surtout gauche
- Syncopes, Lipothymies : peuvent être secondaires à un BAV lié à un abcès septal interrompant les voies de conduction
- Péricardite possible (plus rare, épanchement par rupture d’un abcès ou hémopéricarde) |
| Localisations emboliques
(EI coeur gauche) | - Anévrisme « mycotique » de toutes localisations, aux conséquences graves (hémorragie cataclysmique secondaire à leur rupture)
- Localisations cérébrales (25% des cas, 2ème cause de décès) :
→ Présentation : AVC, AIT, convulsions fébriles, troubles de la conscience, syndrome méningé, mais parfois asymptomatiques
→ Mécanismes divers et parfois intriqués : ischémique, hémorragique, infectieux
(méningite surtout pneumocoque, abcès cérébral surtout S. aureus, anévrismes mycotiques surtout S. aureus et streptocoques)
- Localisations extra-cérébrales (30 % des cas) :
→ Rate, Reins, Foie : abcès (image ronde avec zone centrale ne prenant pas le contraste) ou infarctus (image triangulaire),
→ Membres : tableau d’ischémie aiguë ou subaiguë d’un membre (examen des pouls périphériques)
→ Arthrite (des petites et grosses articulations), Spondylodiscite
→ Coronaires : tableau d’ischémie myocardique
→ Peau : hémorragies sous-unguéales en flammèche, emboles périphériques
→ Oeil : hémorragies sous-conjonctivales, taches de Roth au fond d’œil (exsudats hémorragiques rétiniens) |
| Localisations emboliques
(EI coeur droit) | Localisations habituelles pour les EI du cœur droit
- Embolies pulmonaires septiques, fréquemment multiples et massives (infarctus pulmonaires, abcès)
- Tableau de pneumopathies récidivantes abcédées, Toux et/ou Dyspnée d’intensité variable |
| Manifestations immunologiques | Végétation est à l’origine de manifestations immunologiques par la circulation d’antigènes entrainant des complexes immuns qui peuvent se déposer et entrainer des lésions de vascularite, manifestations cliniques sont :
- Purpura vasculaire
- Faux panaris d’Osler (nodosités douloureuses, fugaces, siégeant à la pulpe des doigts ou des orteils, pathognomoniques)
- Érythème palmoplantaire de Janeway
- Glomérulonéphrite immunologique (hématurie/protéinurie) |
| Tableaux trompeurs | - Fièvre nue, aiguë ou prolongée
- Arthralgies, lombalgies fébriles
- Formes révélées par une complication inaugurale (insuffisance cardiaque fébrile, signes neurologiques fébriles, emboles)
- Alternance épisodes de fièvre – périodes d’apyrexie, spontanées ou secondaires à une antibiothérapie prescrite sans diagnostic étiologique, dans ce contexte, la récidive de la fièvre à l’arrêt de l’antibiothérapie est évocatrice du diagnostic d’EI |
| Forme aiguë
Forme subaiguë | - Formes aiguës : notamment à S. aureus, avec sepsis au 1er plan, insuffisance cardiaque, risque important d’AVC
- Endocardite subaiguë d’Osler : souvent à streptocoque ou entérocoque, évoluant sur plusieurs semaines, fièvre > 8 jours, AEG, phénomènes auto-immuns circulants au niveau vasculaire cutané et glomérulaire rénale |
Examens complémentaires
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✅ Hémocultures et Échographie cardiaque sont les 2 piliers du diagnostic de l’EI mais sont parfois insuffisantes
Objectif : mettre en évidence le micro-organisme, confirmer l’atteinte infectieuse de l’endocarde, identifier les complications et la porte d’entrée
</aside>
- Diagnostic microbiologique des endococardites infectieuses
- Examens complémentaires dans l’endocardite infectieuse
Formes cliniques
- Endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire
- Endocardite infectieuse du coeur droit
Prise en charge thérapeutique de l’endocardite infectieuse
| Orientation |
Hospitalisation systématique avec PEC multidisciplinaire par une équipe habituée à ce type de PEC |
| Enjeux |
Objectif est d’obtenir l’éradication microbienne définitive au site de l’infection (endocarde/végétation ± autres localisations) |
| Difficile à obtenir parce que : |
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- Endocarde est faiblement vascularisé
- Fibrine protège les bactéries de la phagocytose
- Inoculum est important
- Bactéries sont en phase de croissance lente
- Bactériémie est permanente avec recolonisation régulière des végétations |
| Autres mesures | Traitement de la porte d'entrée ++, Traitement médical de l'insuffisance cardiaque
En cas d'accident hémorragique, l'éventualité d'un anévrysme mycotique justifiant la réalisation d'une artériographie cérébrale avec un éventuel geste d'exclusion doit être immédiatement discutée |