Primo-infection herpétique est le plus souvent asymptomatique (80%), lorsqu'elle est symptomatique (20%), elle peut revêtir un tableau de gingivostomatite aiguë
→ Forme plus grave d’herpès oral, surtout dû à HSV-1
Démarche diagnostique : Gingivostomatite herpétique
| Virus |
HSV 1 > HSV 2 (chez l'adulte HSV-2 est possiblement en cause : rapport génito-oral) : Primo-infection herpétique est le plus souvent asymptomatique (80%), si est symptomatique (20%), elle peut revêtir un tableau de gingivostomatite aiguë |
| Terrain |
Survient le plus souvent chez le petit enfant à partir de 6 mois, quand les AC maternels ont disparu |
| Incubation |
5-7 jours (3-6 jours selon CMF) |
| Prodromes |
- Fièvre élevée à 39°C + Algies + Dysphagie parfois majeure (avec risque de déshydratation ⚠️) |
- Hypersialorrhée, Haleine fétide |
| Éruption | Éruption ulcéreuse et douloureuse bucco-gingivale diffuse (à la fois au niveau cutané et muqueux) :
- Atteintes de la langue, du palais, des gencives, de la muqueuse buccale, des lèvres, du menton
1/ Vésicules rapidement rompues
2/ Laissant place à des ulcérations muqueuses ou des croûtes cutanées : sur des gensives tuméfées et saignantes
3/ Évolution des ulcérations vers une confluence en plaques recouvertes d'une membrane grisâtre, serties d'un liséré rouge, coalescentes en érosions polycycliques, couvertes d'un enduit blanchâtre, avant disparition |
| Signes associés | - Tableau pseudo-grippal : myalgies, fièvre 39°C
- Dysphagie ++, alimentation impossible (signe de gravité), haleine fétide
- Adénopathies régionales/cervicales (sous-maxillaires) : inflammatoires, volumineuses, sensibles |
| Diagnostics différentiels | Autres étiologies d'érosions/ulcérations buccales aiguës :
- Érythème polymorphe et syndrome de Stevens-Johnson : atteinte de plusieurs muqueuses et signes cutanés associés
- Aphtose : absence de signes généraux, de fièvre, d'adénopathies
- Stomatite virale non herpétique : herpangine (virus coxsackie) |
| Paraclinique | Diagnostic de gingivostomatite aiguë est avant tout clinique
Examens complémentaires de confirmation se justifie dans les formes sévères (terrains à risque) ou compliquées :
- Identification par PCR sur un prélèvement de lésion
- Sérologie inutile au diagnostic lorsque les lésions cliniques sont évocatrices ❌ |
Prise en charge d'une gingivostomatite aiguë
| Évolution |
Évolution spontanément favorable en 10-15 jours environ |
| Mesures générales |
- Maintenir une hydratation régulière par voie orale (surtout chez l'enfant), bains de bouche, ****aliments froids semi-liquides |
| ****- Selon collège de pédiatrie : bains de bouche antiseptique n’a pas d’intérêt démontré, et est difficile à administrer |
|
- Surinfection cutanée locale est rare
- Prise en charge de la douleur :
→ Douleur modérée : paracétamol + ibuprofène en cure courte de 48-72h
→ Douleur sévère : tramadol (si âge > 3 ans) ou morphine orale |
| Anti-viral ?
(pédiatrie) | Malgré l'absence de consensus et d'AMM, un traitement antiviral par aciclovir oral est recommandé au cours des primo-infections herpétiques non compliquées de l'enfant à la condition qu'il soit débuté dans les 3 premiers jours d'évolution des symptômes
- En cas de tableau marqué : aciclovir oral pendant 7 jours
- En cas de forme empêchant l'ingestion de liquides : hospitalisation pour réhydratation IV + aciclovir IV
Efficacité démontrée chez l'enfant : réduction de la durée d'évolution des lésions (4 jours versus 10 jours) ainsi que de la durée de la fièvre ; mais uniquement lorsque le traitement est instauré au tout début de la maladie, ce qui est en pratique parfois difficile |
| Anti-viral ?
(CMF, Dermato) | - Si déglutition possible : aciclovir PO (5-10 jours)
- Si troubles de la déglutition ou enfant de < 3 mois : aciclovir IV (5-10 jours) |
| Hospitalisation ? | Hospitalisation n’est requise qu’en cas de formes sévères ou compliquées :
- Nutrition entérale ou une hydratation IV peut être nécessaire lorsque l'alimentation est impossible
- Prise en charge de la douleur peut aussi nécessiter un recours hospitalier |
| Mesures préventives | - Éviction de collectivité n'est pas obligatoire ❌, mais fréquentation n’est pas souhaitable à la phase aiguë de la maladie
- Information sur le caractère transmissible de cette infection doit être donnée aux parents, notamment en cas de contact avec un enfant ayant une dermatite atopique en poussée |