Groupes sanguins érythrocytaires sont des antigènes qui sont exprimés à la surface du globule rouge, génétiquement transmis et reconnus par des AC spécifiques

Le caractère immunogène de leur polymorphisme explique leur implication en transfusion, dans le cadre du suivi de la grossesse, dans les greffes et transplantations.

Au-delà de cet intérêt médical, les groupes sanguins peuvent être impliqués dans diverses interactions avec le milieu, et notamment les pathogènes aboutissant à des susceptibilités individuelles dont la description la plus récente concerne la Covid-19 et la moindre susceptibilité des sujets de groupe O par rapport aux sujets de groupes A.

On décrit actuellement près de 380 antigènes différents de groupes sanguins appartenant à une quarantaine de systèmes différents

Groupe sanguin de nature glucidique Groupe sanguin de nature protéique
Chef de file Système ABO
Autres : H, P1PK, Lewis, I, GLOB Système Rh (anciennement « Rhésus »)
Autres : Kell, Duffy, Kidd, MNS … (40 groupes en tout)
Production Produits secondaires des gènes : Gène → Enzyme → antigène (sucre)
ex. allèle A code pour l'enzyme A qui fixe l'antigène A à la surface du GR Produits directs des gènes : Gène → antigène
Localisations dans l’organisme Ubiquitaire (présents sur les cellules endothéliales)
→ impliqués dans des rejets de greffe en cas d'incompatibilité Tendance à être localisés sur le GR
(avec des exceptions ± importantes)
Autres espèces Ubiquitaire dans la nature (ne sont pas propres à l’Homme mais partagés par de nombreuses espèces incluant virus et bactéries) Antigènes propres à l’Homme
AC AC naturels (Ig M) en dehors de toute stimulation interhumaine
(expliqués par la présence des antigènes sur les bactéries du microbiote)
→ présents de façon constante (réguliers) avec pouvoir hémolytique majeur Immunisation ne peut passer que par une stimulation interhumaine (transfusion ou grossesse)
→ Ac dits « immuns » et « irréguliers » car inconstants

Du point de vue de l'exploration phénotypique, la recherche en routine de l'antigène RhD se fait de façon indissociable de la détermination du groupe ABO par une analyse dénommée « ABO-RH1 » à la nomenclature des actes de biologie.

La recherche des quatre antigènes du système RH (C, E, c et e) ainsi que la recherche de l'antigène KEL1 du système Kell sont réalisées par la pratique d'une analyse dénommée « phénotype RH-KEL1 ».

Enfin, la recherche des antigènes Fy  a , Fy  b , Jk  a , Jk  b , S et s est réalisée par l'analyse dite « phénotype étendu ».

Dans le cadre de la sécurité transfusionnelle et du suivi de grossesse, ces analyses phénotypiques sont complétées par une analyse qui permet de détecter les anticorps dirigés contre ces principaux antigènes, la recherche d'anticorps anti-érythrocytaires (anciennement RAI) dont le résultat est exploitable pour la transfusion durant 3 jours après la date du prélèvement. Ce délai pouvant d'ailleurs être porté à 21 jours en absence d'antécédent de transfusion, greffe ou grossesse dans les 6 mois précédents, information nécessitant une validation médicale.