https://www.sfendocrino.org/item-246-gynecomastie/
https://radiopaedia.org/articles/gynecomastia-1
| Définition |
Hyperplasie du tissu glandulaire mammaire (seulement chez l’Homme) |
| Cause |
Gynécomastie résulte de la stimulation du tissu mammaire par un déséquilibre entre : |
- Soit augmentation des oestrogènes circulants
- Soit diminution de la testostérone circulante (peut être causée entre autre par augmentation de la SHBG)
- Rapport testostérone libre/oestradiol libre conditionne la survenue d'une gynécomastie
(plus que le rapport des hormones totales) |
| Tissu mammaire chez l’homme | Tissu mammaire dispose, dans les 2 sexes, des mêmes potentialités de développement
Absence de développement chez l’homme est liée à :
- Absence de stimulation par les œstrogènes, normalement produits en faible quantité
- Effet antagoniste de la testostérone |
| Oestrogènes chez l’homme | Chez l'homme normal, 80% des œstrogènes sont produits par conversion périphérique :
- Topographie : en particulier dans le tissu adipeux
- Comment ? Δ4-androstènedione et Testostérone → sous l'influence d'une aromatase → oestrogènes |
| TeBG | Testostérone et Oestrogène circulent sous forme libre et sous forme liée à la TeBG :
- TeBG (Testosterone-estradiol Binding Globulin, ou SHBG, Sex Hormone Binding Globulin)
- TeBG ayant une affinité supérieure pour la testostérone que pour l'œstradiol, si augmentation de la TeBG :
→ Augmentation des formes liées de la testostérone (donc diminution de la testostérone libre)
→ Diminue de la testostérone libre sera plus importante que celle de l'œstradiol libre → déséquilibre |
Démarche diagnostique : gynécomastie
Reconnaissance d'une gynécomatie est simple, mais son diagnostic étiologique beaucoup moins
| Diagnostic positif | Gynécomastie vs Adipomastie vs Cancer du sein
→ clinique ± mammographie et échographie mammaire |
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| Éliminer cause évidente | - Insuffisance rénale chronique
- Cirrhose, Renutrition d’un patient dénutri (8%)
- Médicaments (10-25%) :
→ Spironolactone, Inhibiteurs de la 5⍺-réductase
→ Anti-androgènes (acétate de cyprotérone, flutamide)
→ Neuroleptiques (par leur effet sur la prolactine), Antidepresseur tricyclique
→ Kétoconazole, Isoniazide, Antirétroviraux
→ Antiulcéreux (oméprazol, mécanismes non connus) |
| Bilan paraclinique minimal | Réalisé en l’absence de cause évidente ou si anomalie du volume testiculaire
- Échographie testiculaire (éliminer une tumeur testiculaire sécrétante, qui peut ne pas être palpable)
- Exploration hormonale minimale indispensable :
→ T4 libre, TSH (hyperthyroïdie par stimulation sécrétion TeBG, hypothyroïdie par hyperprolactinémie)
→ hCG (tumeur sécrétant des hCG)
****→ Prolactine (hyperprolactinémie)
****→ LH, FSH + Testostérone totale (hypogonadisme)
→ Oestradiol (tumeur sécrétant des oestrogènes) |
- Diagnostic positif : Gynécomastie vs Adipomastie vs Cancer du sein chez l’homme ⭐️
- Causes évidentes de gynécomastie (à éliminer en 1er lieu avant le bilan paraclinique)
Étiologies endocriniennes de gynécomastie
| Dysthyroïdie | - Hyperthyroïdie (hormones thyroïdiennes stimulent la synthèse de TeBG par le foie, TSH basse, T4 élevée)
- Hypothyroïdie, lorsque celle-ci est profonde (TSH > 50 mUI/l, T4L effondrée) : il peut exister une gynécomastie par stimulation de la sécrétion de prolactine via l'augmentation réflexe de la TRH, cette situation est devenue exceptionnelle de nos jours |
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| Insuffisance testiculaire
(8%) | - Signes d’appel : gynécomastie (peut être le 1er signe et précédé la baisse de testostérone), diminution du volume testiculaire
- Diagnostic biologique : Testostérone basse + Élévation FSH et LH
- Étiologies : Klinefelter (XXY, étiologie la plus fréquente), ATCD orchite/traumatisme/torsion/irradiation/chimiothérapie …
- Examen complémentaire à visée étiologique : Caryotype |
| Hypogonadisme hypogonado-trophique | - Diagnostic biologique : Testostérone basse + LH et FSH abaissées ou normales
- Étiologies : Hyperprolactinémie, Adénome de l'hypophyse non fonctionnel, Tumeur hypothalamique
****- Examen complémentaires à visée étiologique : Prolactine + TDM/IRM de la région hypophysaire |
| Tumeur sécrétant des oestrogènes | - Biologie : Oestradiol élevé [> 40 pg/mL] ± associée à une testostérone basse
- Étiologies : Tumeur testiculaire (le plus souvent, leydigome), Tumeur surrénalienne (exceptionnelle, corticosurrénalome)
****- Examen complémentaires à visée étiologique : Échographie testiculaire (1ère intention), TDM abominale (si échographie normale) |
| Tumeurs sécrétant hCG | - Biologie : Élévation de l'hCG
- Étiologies :
→ Tumeurs trophoblastiques (choriocarcinome testiculaire, germinome hypothalamique)
→ Syndrome paranéoplasique (foie, bronches) = sécrétion ectopique d'hCG
****- Examen complémentaires à visée étiologique :
→ Échographie testiculaire + IRM cérébrale + RXT |
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📌 Ici, le traitement de la gynécomastie est le traitement de la cause
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Gynécomastie idiopathique (25%)
- Traitement des gynécomastiques idiopathiques de l'adulte
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Nouveau-né |
Puberté |
Sujet âgé |
| Fréquence |
2/3 des nouveaux-nés |
30 à 70% des garçons de 10 à 17 ans |
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| (maximum à 13-14 ans) |
Fréquente après > 65ans |
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| (jusqu'à 50% des hommes sur des séries autopsiques) |
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| Mécanisme |
Passage transplacentaire des oestrogènes maternels |
Augmentation progressive des androgènes pendant cette période → Aromatisation → Oestogène |
- Diminution de la fonction testiculaire (habituelle à cet âge) |
- Augmentation de l'aromatisation en périphérie
(en lien avec l'augmentation relative de la masse grasse) |
| Exploration | ❌ | - Palpation testiculaire (atrophie, tumeur)
- Exploration hormonale : seulement après > 20 ans | Explorations hormonales sont légitimes
(même si fréquente, et même si palpation testiculaire normale) |
| Évolution | Ne rien faire | Ne rien faire ❌ : la gynécomastie disparaîtra d'elle-même (rassurer les parents et l'enfant) | |