https://www.urofrance.org/lafu-academie/formation-du-college/referentiel-du-college-durologie-6eme-edition/chapitre-10-item-127-hypertrophie-benigne-de-la-prostate/
https://radiopaedia.org/articles/benign-prostatic-hyperplasia
- Schémas
- Physiopathologie des conséquences cliniques de l’HBP
| Def. |
Hyperplasie bénigne de la zone centrale de la prostate à l'origine d'une augmentation du volume de la glande |
| Causes |
Mécanismes sont multifactoriels, non parfaitement élucidés, facteurs génétiques et environnementaux |
| Terrain |
Affection fréquente de l'homme vieillissant (HBP est liée au vieillissement) |
| Bénin |
HBP est bénigne : pas de lien démontré entre HBP et cancer de la prostate |
| (en dehors d'une association épidémiologique liée à l'âge et à un dépistage plus fréquent chez les patients suivis pour HBP) |
|
| Clinique |
- Latente et asymptomatique en général : majorité des hommes > 50 ans ont une HBP histologique, sans répercussion fonctionnelle |
- Symptomatique parfois : environ 30% des hommes de > 65 ans se plaignent de SBAU lié à l'HBP
Symptômes peuvent être liés à :
- Obstruction sous-vésicale provoquée par l’hypertrophie des lobes prostatiques
- Syndrome d’hyperactivité vésicale réactionnel
→ Pas de parallélisme entre le volume d'une HBP, et la gravité des SBAU ⚠️ |
| Risques | SBAU peuvent entraîner une altération de la qualité de vie, et être à l'origine de complications potentiellement graves |
| Histologie (ancien) | *HBP correspond histologiquement à un adénomyofibrome, se traduit par :
- Hyperplasie glandulaire (glandes prostatiques) et Hyperplasie stromale (cellules musculaires lisses, fibroblastes)
- Généralement associée à une inflammation chronique* |
Démarche diagnostique
Manifestations possibles de l’HBP
- Toucher rectal : cancer de la prostate vs HBP
- Score IPSS
| Terrain |
Homme > 50 ans |
| Triade |
Obstruction sous-vésicale + Augmentation du volume de la prostate + Symptômes du bas appareil urinaire |
| → Relation entre ces 3 composantes est complexe : patient peut avoir une augmentation du volume de la prostate sans SBAU, ni obstruction vésicale, ou l'obstruction vésicale liée à l'HBP peut être asymptomatique, enfin, une des conséquences de l'obstruction sous-vésicale est la survenue d'une hyperactivité vésicale, pouvant elle-même persister après la levée de l'obstruction |
|
| SBAU |
- Phase de remplissage (= signes irritatifs) : |
→ Pollakiurie diurne et nocturne, Urgenturie, Nycturie, Incontinence urinaire
→ Calendrier mictionnel (surtout si nycturie) justifié
- Phase mictionnelle ⭐️ (SBAU de la phase mictionnelle sont les plus spécifiques de l’HBP) :
→ Retard d’initiation à la miction, dysurie, jet faible, interruption de la miction, jet haché, miction par poussée abdominale
→ Débitmétrie (si disponible, chez l’urologue) facilite le diagnostic en objectivant la dysurie
- Phase post-mictionnelle :
→ Gouttes retardataires, sensation de vidange vésicale incomplète |
| Score | Score IPSS (internationel prostate symptom score) ⭐️ permet l'évaluation fonctionnelle avec 7 questions, et la 8ème question du score IPSS permet une évaluation de la gêne globale provoquée par les SBAU, son intérêt est double :
- Évoquer des diagnostics différentiels ou associés éventuels
- Évaluer la sévérité des symptômes : légers (IPSS 0-7), modérés (IPSS 8-18) ou sévères (IPSS 19-35) |
| TR | Signe le diagnostic positif d'HBP sans pour autant permettre d'affirmer que les SBAU sont imputables à l'HBP :
- Glande augmente de volume (> 20 g), souple, indolore, lisse, régulière
- Augmentation de volume entraîne : disparition du sillon médian, évasement des bords latéraux
- Si TR évocateur d'un cancer de la prostate (nodule) : ne remet pas en cause l'imputation des SBAU à l'HBP car le cancer de la prostate est asymptomatique en l'absence d'envahissement important, mais indication à réaliser des biopsies prostatiques quel que soit le taux de PSA |
| Manifestations asssociés | Bilan clinique initial doit évaluer la sexualité (notamment via un questionnaire) car association à une dysfonction sexuelle est fréquente :
→ dysfonction érectile ou dysfonction éjaculatoire (douleurs, inconfort à l’émission du sperme, diminution du volume de sperme) |
- Diagnostics différentiels de l’HBP
- Complications de l’HBP ⚠️
Examens complémentaires dans l’HBP
<aside>
✅ Diagnostic positif = H > 50 ans + SBAU + prostate hypertrophiée au TR + ECBU normal + absence d'autre cause
Toucher rectal : nécessaire au bilan initial, optionnel pour le suivi
</aside>
- Image (débitmétrie)
- Image (échographie)
- Résumé des examens nécessaires et optionnels (HAS 2023)
|
Examens complémentaires systématiques |
| Bilan paraclinique |
- ECBU (afin d’éliminer une IU qui peut donner les mêmes symptômes) : tous les cas |
- Débitmétrie, Mesure de résidu post-mictionnel : ajoutés en cas de bilan initial chez l’urologue (milieu spécialisé) |
| Débitmétrie urinaire | Permet d'objectiver et quantifier la dysurie, pour interpréter une débitmétrie, il est nécessaire d'avoir un volume uriné > 150 mL :
- Paramètres étudiés : volume uriné, débit maximal, débit moyen, temps mictionnel
- Courbe normal = forme de cloche, avec débit maximal entre 20-30 mL/s
****- Obstruction liée à l'HBP = courbe aplatie, avec débit maximal < 15 mL/s
- Ne permet pas d'affirmer que l'obstruction est liée à l'HBP, il faut évoquer les autres causes d’obstruction sous-vésicale
- Évoquer aussi l’hypotonie détrusorienne sans obstacle si patient âgé (ou jeune < 50 ans) ou résidu post-mictionnel élevé |
| | Examens complémentaires optionnels |
| PSA total sérique | - Permet de dépister un cancer de la prostate (dépistage doit être individuel, non systématique)
- HBP entraîne aussi une élévation du PSA sérique, de l'ordre de + 0,1 ng/mL par gramme d'HBP ⚠️
→ Ex. patient avec prostate de 50g/50mL peut avoir PSA de 4-5 ng/mL sans pour autant que ça soit inquiétant
→ Si un dépistage est indiqué, en cas d’HBP avec PSA élevée, il faut : Mesurer la densité de PSA + Évaluer la cinétique ✅
(densité du PSA (rapport entre le taux de PSA total et le volume prostatique) est suspecte si > 0,15) |
| Créatinine | Selon le contexte, permet de dépister une IRC (si absence de retentissement vésical de l’HBP, le risque d’IRC obstructive est nul) |
| Échographie | Échographie réno-vésico-prostatique ⭐️
- Échographie rénale évalue le retentissement sur le haut appareil urinaire : non systématique si absence de retentissement vésical
(Dilatation bilatérale des voies pyélocalicielles, Amincissement du parenchyme rénal, Dédifférenciation cortico-médullaire)
- Échographie vésicale évalue le retentissement sur la bas appareil urinaire (optionelle), réalisée en sus-pubienne :
→ Hypertrophie détrusorienne, Diverticules vésicaux, Lithiase vésicale, Résidu post-mictionnel significatif
→ Résidu post-mictionnel peut être mesuré isolément à l'aide d'un échographe dédié portable (Bladder-Scan®)
- Échographie prostatique, réalisée par voie abdominale, ou transrectale (plus invasive mais meilleure visualisation) :
→ Évalue le volume prostatique, recherche un lobe médian
→ Optionnelle (si évaluation du volume difficile au TR, recherche d'un lobe médian avant certains traitements chirurgicaux) |
| Autres (indications spécifiques) | - Fibroscopie urétrale : si suspicion de sténose urétrale
- Fibroscopie vésicale : si ATCD d’hématurie (pour éliminer une tumeur vésicale)
- Bilan urodynamique, avec réalisation d'une courbe débit-pression :
→ Courbe débit-pression permet distinction entre obstruction sous-vésicale et hypotonie détrusorienne
→ Indication : suspicion d'hypotonie détrusorienne [résidu post-mictionnel élevé (> 300 mL), âge élevé (80 ans), ou jeune (< 50 ans)] |
Prise en charge thérapeutique de l’HBP