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Physiopathologie
- Schémas
- Étiologies d’hyperhydratation extra-cellulaire
| Définition HEC |
Augmentation du volume du compartiment extracellulaire (en particulier du secteur interstitiel), HEC pure à due à une retention iso-osmotique de sodium et d'eau (bilan sodé positif), se traduit par des oedèmes généralisés |
| Loi de Starling |
Régit les mouvements de l'eau et de sodium de part et d'autre de la paroi capillaire, résultant de : |
- Pression hydrostatique : favorise le passage d'eau du plasma vers l'interstitium
- Pression oncotique (liée aux protéines) : favorise le maintien de l'eau dans le capillaire |
| Régulation du capital sodé | - Quantité de sodium (≠ concentration) détermine le VEC, la régulation du capital sodé de l'organisme est effectuée par le reins
- Mécano-récepteurs vasculaires sont sensibles aux variations du volume sanguin « efficace », et va mettre en jeu :
→ Systèmes natriurétiques : facteurs natriurétiques auriculaire et cérébral, prostaglandine E2, NO
→ Systèmes anti-natriurétiques : système sympathique neuro-adrénergique, SRAA, endothélines, ADH |
| Formation des oedèmes | 1. Formation des oedèmes nécessite 2 étapes :
→ Passage des liquides du secteur vasculaire vers l'interstitium : augmentation de la PH, diminution de la PO
→ Rétention de sodium et d'eau par les reins
- Oedème va ensuite s'accumuler au niveau de :
→ Zones où la pression hydrostatique capillaire est maximale : zones déclives
→ Zones où la contre-pression des tissus interstitiels est minimale : orbite de l'oeil (sujet jeune surtout) |
| Syndrome néphrotique | - Théorie de l'excès de remplissage (non prouvée) : excès primaire de réabsorption distale du sodium par le canal ENaC
(indépendant de l'aldostérone et de l'ADH, peut expliquer l'efficacité des diurétiques distaux de type amiloride)
- Théorie du déficit de remplissage (à connaître, même si pas entièrement vérifiée)
1. Perte d’albumine → Baisse de la pression oncotique → Fuite d’eau/sodium vers l'espace interstiel
2. Hypovolémie efficace active le SRAA → rétention d'eau et de Na |
| Insuffisance cardiaque | Diminution du débit cardiaque ou Vasodilatation artérielle systémique entraîne une hypovolémie efficace, conséquences :
- Stimulation des systèmes anti-natriuérique : adrénergique, SRAA, Vasoconstriction rénale (endothéline)
- Entraîne une diminution de l’excrétion rénale de sodium : rétention hydro-sodée |
| Cirrhose | 1. Hypovolémie efficace secondaire à :
→ Séquestration de sang dans le territoire splanchnique en amont du foie par obstacle veineux post-sinusoïdal
→ Diminution des résistances vasculaires périphériques et de la pression artérielle systémique
→ Hypoalbuminémie en cas d’insuffisance hépatocellulaire
- Activation des systèmes de réabsorption de l'eau et du sodium |
Démarche diagnostique : HEC
- Diagnostic étiologique devant des oedèmes généralisés
| Tous les cas | Prise de poids = évalue l'importance du syndrome oedémateux, au mieux en l'absence de variation de natrémie
Pesée régulière du patient = meilleur paramètre pour évaluer l'efficacité du traitement |
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| Secteur vasculaire | - Élévation de la PA
- OAP : si élévation rapide |
| Secteur interstitiel | SYNDROME OEDÉMATEUX :
- Siège (profondeur) : tissus sous-cutanés
- Apparition : francs lorsque la rétention hydrosodée est de ≥ 3-5% du poids du corps (soit 2,5-3L)
(oedèmes généralisés traduisent l'augmentation du volume interstitiel > 10%, soit 1-2 kg pour adulte de 70 kg)
- Latéralité : bilatéraux et symétriques
- Palpation : mous, prenant le godet (pression du doigt contre la face interne du tibia laisse une dépression)
- Coloraton : blancs
- Douleur : indolores
- Topographie déclive :
→ Orthostatisme : membres inférieurs, initialement des chevilles dont ils effacent le sillon rétro-malléolaire
→ Alitement prolongé : lombes, ou oedème palpébral et péri-orbital chez le sujet jeune
- En cas d’évolution chronique :
→ Oedèmes peuvent devenir durs et douloureux
→ Lésions cutanées cyanotiques de stase peuvent apparaître |
| Séreuses | - Épanchements pleuraux transsudatif
- Ascite, Hydrocèle : surtout chez l'enfant
- Épanchement péricardique : exceptionnel |
| Signes biologiques | Signes biologiques sont pauvres :
- Hémodilution (inconstants, dépendants des valeurs de base du patient) : anémie, hypoprotidémie
- Aucun signe biologique ne reflète le volume du secteur interstitiel |
Traitement symptomatique de l’hyperhydratation extracellulaire
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📌 Traitement symptomatique vise à induire un bilan sodé négatif
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| 1ère intention | - Régime restreint en sel à 2-4g de NaCl (soit de 35-70 mmol de sodium) : pourra être moins restreint s'il entraîne une anorexie
- Diurétiques de l’anse (effet natriurétique le plus puissant, furosémide, bumétanide)
- Alitement initial : possible, si syndrome oedèmateux important, pour réduire la stimulation du SRAA |
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| Surveillance | - Évaluation de la réponse : poids, oedèmes, PA debout-couché, volume d'urine, natriurèse/24h
(réponse natriurétique doit être progressive pour éviter l'hypovolémie, et les risques de TVP par hémoconcentration)
- Surveillance de la tolérance : créatinine, urée, ionogramme, hémoconcentration |
| Si résistance | Si résistance, autres sites distaux de rétention du sodium peuvent être bloqués sous surveillance étroite (kaliémie et volémie) :
- Amiloride (tube collecteur) : surtout efficace dans le syndrome néphrotique, CI si IR car risque d’hyperkaliémie
- Thiazidiques (tube contourné distal) : risque d’hypokaliémie (effet synergique sur la kaliurèse avec les diurétiques de l’anse) |
| Si enfant | Particularités chez l’enfant au sujet des diurétiques :
- Si syndrome néphrotique : éviter les diurétiques (risque de majoration de l’hypovolémie et de l’hypercoagulabilité)
- Réserver les diurétiques si oedèmes ou épanchements très importants avec retentissement clinique |
| Exceptionnel | Perfusions d'albumine : réservée aux situations exceptionnelles d'hypotension symptomatique |