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L'hyperthermie est à différencier de la fièvre. Toute élévation de la température corporelle ≥ 37,5 °C doit faire rechercher une infection (bactérienne, virale, fongique ou parasitaire). Dans le cadre d'une infection, il s'agit d'une fièvre. D'un point de vue physiopathologique, la fièvre correspond à une élévation de la température centrale sous l'influence de substances biologiques pyrogènes. L'augmentation de la température dans ce contexte est adaptée et répond à un besoin de l'organisme, du moins initialement.
L'hyperthermie, quant à elle, résulte d'une augmentation non régulée de la thermogenèse et/ou d'un échec de la thermolyse (normalement assurée par le couple sudation/évaporation). Elle peut être d'origine endogène (augmentation de la thermogenèse lors d'un exercice physique), d'origine exogène (augmentation de la température extérieure) ou mixte.
Les causes sont principalement environnementales (on parle alors de coup de chaleur classique dans les formes les plus sévères) ou liées à une exposition médicamenteuse ou toxique (syndrome malin des neuroleptiques, syndrome sérotoninergique, intoxication aux amphétamines ou à la cocaïne...). Face aux modifications climatiques actuelles, il est devenu essentiel de bien comprendre l'hyperthermie et le coup de chaleur, car leur prise en charge et leur prévention sont devenues cruciales en période estivale, y compris en France.
La définition du coup de chaleur repose sur l'association des éléments suivants : • une hyperthermie avec une température centrale supérieure à 40 °C ; • un syndrome neurologique central polymorphe : troubles de la vigilance allant de la confusion au coma, délire, troubles du comportement. Des convulsions sont fréquentes. Un déficit focal peut survenir, de mécanisme variable (ischémie, hémorragie, œdème…) ; • absence d'argument en faveur d'une origine infectieuse ; • présence d'un contexte évocateur (canicule, exposition à la chaleur, exercice physique intense).
Le début peut être brutal ou progressif, précédé de prodromes non spécifiques : asthénie, douleurs abdominales, vertiges, vomissements, crampes musculaires et sueurs profuses. À la phase d'état, la présence d'une peau sèche (témoignant du dépassement des capacités de sudation) est un signe caractéristique, contrastant avec le niveau d'hyperthermie.
On distingue deux types selon le facteur déclenchant : • le coup de chaleur classique, d'origine « climatique », survenant lors des vagues de chaleur et lié à une exposition prolongée à des températures élevées. Dans nos régions, il touche principalement les personnes âgées ou vulnérables pendant les périodes caniculaires ; • le coup de chaleur d'exercice, résultant d'un effort physique intense et prolongé, souvent aggravé par une atmosphère chaude et humide. Trois situations sont particulièrement à risque, même chez un sujet jeune en bonne santé : les opérations militaires en conditions extrêmes, les compétitions d'endurance (marathon), les travaux physiques en ambiance chaude ou confinée (travaux publics, sidérurgie).
Les facteurs de risque principaux sont : les âges extrêmes de la vie, l'isolement social et la prise de médicaments ou de substances favorisant l'hyperthermie (neuroleptiques, antidopaminergiques). Les situations mixtes sont fréquentes, associant facteurs comportementaux (effort physique) et environnementaux (chaleur ± humidité), avec une susceptibilité individuelle variable.
Face à une hyperthermie maligne avec signes neurologiques, il est essentiel d'envisager d'autres diagnostics. Selon le contexte clinique, il faut notamment écarter une méningoencéphalite infectieuse et les causes toxiques ou médicamenteuses (encadré 60.1). Toutefois, en situation de canicule ou d'activité physique intense, il convient de limiter raisonnablement les examens complémentaires.
Étiologies médicamenteuses et toxiques
Le syndrome sérotoninergique doit être suspecté chez tout patient récemment traité ou intoxiqué par un inhibiteur sélectif de la sérotonine.
Cette complication rare survient après l'utilisation de phénothiazines ou de butyrophénones. Elle apparaît généralement 2 à 15 jours après le début du traitement. Le diagnostic reste possible même si les symptômes surviennent après l'arrêt du traitement (notamment avec les formes « retard ») ou précocement en cas de surdosage. L'hyperthermie est sévère (parfois > 40 °C), accompagnée de sueurs profuses et d'une rigidité musculaire extrapyramidale. Cette complication contre-indique définitivement l'usage de cette classe thérapeutique.
Cette complication peropératoire rare mais grave survient lors d'une anesthésie générale. Elle est liée aux gaz halogénés ou aux curares dépolarisants. Le diagnostic et la prise en charge relèvent de la spécialité.
En plus des causes médicamenteuses, diverses drogues peuvent provoquer ou contribuer à une hyperthermie.