https://www.pedia-univ.fr/deuxieme-cycle/referentiel/infectiologie/infections-urinaires
| Terrain | IU sont parmi les infections bactériennes les plus fréquentes :
- Responsable de 7,5% des cas de fièvre chez le < 2 ans
- Fréquence varie entre 2-20% selon l’âge et le sexe
- Terrain/Contexte où les infections urinaires sont plus fréquentes :
→ Uropathie
→ Absence de circoncision chez le garçon
→ Fièvre chez l’enfant sans explication clinique, notamment si dure > 48h |
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| Sex-ratio | 1. Prédominance masculine durant les 1ers mois de vie
- Prédominance féminine ensuite |
| Type d’IU | IU est une PNA dans 95% des cas chez les nourrissons âgés de < 1 an
(toute fièvre inexpliquée à cet âge doit faire suspecter une infection urinaire) |
| Principal germe | E. coli = germe en cause dans environ 80% des infections urinaires :
- Résistantes ou Intermédiaires à amoxicilline : concerne 50% des souches de E.coli
- Résistantes ou Intermédiaires au cotrimoxazole : concerne 20-30% des souches de E.coli
- Pourcentage de souches de E. coli urinaires communautaires BLSE a augmenté progressivement mais reste < 10% en France (2023) |
| Autres germes | - Proteus mirabilis (10 %)
- Entérocoques (streptocoques du groupe D) → pourra être traité par amoxicilline
- Klebsiella spp. (plus rares)
- PNA fongiques chez le nouveau-né et le nourrisson (rare)
- Cystites virales chez le jeune enfant (rare) |
Démarche diagnostique : infection urinaire chez l’enfant
- Tableau PNA vs Cystite aiguë
- Critères de gravité d’une PNA de l’enfant
| Dogme | Infection urinaire doit toujours être évoquée en cas de :
- Fièvre sans point d'appel avant âge < 3 mois
- Fièvre isolée persistante de > 48h
- Signes fonctionnels urinaires
- ATCD de PNA et/ou malformation des voies urinaires |
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| PNA du nouveau-né | - Syndrome infectieux
- Troubles digestifs, parfois ictère
- Déshydratation aiguë, Perturbations ioniques |
| PNA du nourrisson
PNA du jeune enfant | - Fièvre inexpliquée, volontiers accompagnée de critères de gravité (troubles hémodynamiques)
- Signes algiques orientant vers des douleurs abdominales |
| PNA du grand enfant | - Fièvre élevée, Frissons
- Douleurs abdominales ou lombaires
- Signes fonctionnels urinaires (SFU) possibles (pollakiurie, mictions impérieuses, fuites d’urine) |
| Cystite aiguë | - Sex-ratio : évoqué le plus souvent chez la fille 👧🏻
- Fébricule possible
- SFU variés et parfois intenses :
→ Pollakiurie, Dysurie, Brûlures mictionnelles
→ Envies impérieuses d'uriner, Fuites urinaires
→ Hématurie macroscipique peut être associée
- Douleurs hypogastriques
- Signes négatifs :
→ Pas de signes généraux, pas de fièvre
→ Pas de douleurs lombaires, Palpation lombaire indolore ❌ (seulement douleur hypogastrique)
- Récidives sont d’autant plus fréquentes si :
→ Constipation
→ Trouble mictionnel (vessie instable) |
Examens complémentaires dans le cadre d’une infection urinaire
- Analyses des urines dans le cadre d’une infection urinaire de l’enfant
| Microbiologie | - Enfant âgé de > 1 mois : BU (puis ECBU si BU positif)
- Enfant âgé de < 1 mois : ECBU d’emblée (car BU moins sensible à cet âge, risque de FN)
- Hémocultures :
→ Indications : PNA chez enfant de âge < 3 mois, PNA chez enfants hospitalisés (présence de critère de gravité)
→ Résultat : positive dans 30% des cas < 1 mois, 15% entre 1-2 mois, 5% entre 2-3 mois
- Ponction lombaire :
→ Indication : PNA chez enfant de < 6 semaines
→ PNA à cet âge s'accompagnent plus souvent d'hémocultures positives avec un risque de méningite associée |
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| Biologie | - Ionogramme sanguin + Créatininémie avec calcul du DFG
- Marqueurs de l’inflammation (CRP, PCT), non indiqués en cas de cystite :
- Bonne sensibilité en cas d'atteinte parenchymateuse rénale, mais non spécifiques
- CRP normale au-delà de > 24-48h → remet en question le diagnostic de PNA |
| Imagerie | - Quelle imagerie ?
→ Echographie de l’appareil urinaire ✅
→ Scintigraphie rénale, Uro-TDM/IRM ❌ : ne sont pas réalisées en pratique courante chez l'enfant
- Indications :
→ PNA : systématique pour un 1er épisode, dans les 1ers jours de la prise en charge
→ Cystite : indiquée surtout en cas d’épisodes récidivants ou d’hématurie macroscopique
- Intérêts :
→ Éliminer un abcès (exceptionnellement une lithiase ou une tumeur)
→ Montrer des signes en faveur d'une atteinte parenchymateuse ou d'un RVU
→ Éliminer une malformation et/ou une obstruction des voies urinaires
(échographie lors du suivi obstétrical permet le plus souvent d'éliminer une uropathie malformative grave) |
Prise en charge des infections urinaires chez l’enfant
- Suivi médical de la PNA
- Tableau résumé
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Prise en charge de la cystite aiguë de l’enfant |
| Orientation |
Pathologie bénigne ne requérant qu’une prise en charge ambulatoire |
| ATB des cystites aiguës de l’enfant |
Pas d’ATB injectable, efficacité du « traitement antibiotique minute » n'est pas validée chez l'enfant non pubère |
| Schémas thérapeutiques pour une durée du traitement de 3 à 5 jours : |
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- Cotrimoxazole per os
- Céfixime (à réserver aux souches résistantes au cotrimoxazole)
- Amoxicilline + acide clavulanique (possible ici du fait de son excellente concentration urinaire qui permet d'atteindre localement des seuils de CMI élevés, y compris pour des bactéries productrices de BLSE)
- Amoxilline : peut être utilisé (collège d’urologie) |
| | Prise en charge de la PNA de l’enfant |
| ATB initiale si PNA avec critère de gravité | Prise en charge en hospitalisation (âge < 3 mois, ou autres critères de gravité) :
- Biantibiothérapie parentérale probabiliste : C3G injectable + Amikacine
- Relais oral au bout de 2-4 jours |
| ATB initiale si PNA sans critère de gravité | Prise en charge en ambulatoire (âge > 3 mois en l’absence de critère de gravité) :
- Monothérapie probabiliste au choix : Céfixime per os, ou C3G injectable, ou Amikacine
- Relais oral selon les résultats de l’ECBU |
| ATB de relais | 1. Cotrimoxazole per os : contre-indiqué avant l'âge de < 1 mois et en cas de déficit sévère en G6PD ⚠️)
- Céfixime per os : à réserver aux souches non-BLSE et résistantes au cotrimoxazole, ou avant < 1 mois |
| Durée totale | 10 à 14 jours |
| Cas particulier | Si IU à entérocoque (streptocoque du groupe D) → amoxicilline (caractéristiques PK/PD sont excellentes pour ce germe ) |
| Piège | Même si l'antibiogramme fait apparaître qu'E. coli est sensible à l'amoxicilline et à l'amoxicilline + acide clavulanique, leurs caractéristiques pharmacocinétiques et pharmacodynamiques (PK/PD) n'autorisent pas leur recours en cas de PNA |
Prise en charge étiologique des infections urinaires de l’enfant
- Focus : Reflux vésico-urétéral (RVU)
| Étiologie la plus fréquente | - Réservoir bactérien (prépuce du jeune nourrisson)
- Anomalie acquise de l'écoulement bas des urines, c'est-à-dire d'une mauvaise vidange vésicale, comme une vessie instable de la jeune fille avec résidu post-mictionnel, fréquemment associée à une constipation dans le cadre de troubles de l'élimination |
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| Anomalie congénitale de l’écoulement du haut des urines (rare) | Peut être objectivé en anténatal par échographie :
- Anomalies de l'échostructure du parenchyme rénal ou de la paroi vésicale
- Dilatation segmentaire de la voie excrétrice (bassinets, calices, uretères, vessie, urètre postérieur)
→ Anomalie de la jonction pyélo-urétérale est suspectée par la présence d’une dilatation isolée du bassinet et des calices |
| Étiologies
encore plus rares | - Urétérocèle (dilatation pseudo-kystique de l'uretère terminal, extra- ou intravésicale)
- Méga-uretère primitif non refluant
(dilatation urétéro-pyélocalicielle sus-jacente à un obstacle significatif au niveau de la jonction urétéro-vésicale) |
| Avis spécialisé ? | Indications de consultation spécialisée :
- Mictions très nombreuses avec fuites urinaires
- Mauvais jet urinaire (miction goutte à goutte, poussée abdominale)
- Infections urinaires à répétition
- Échographie rénale et des voies urinaires anormale pouvant témoigner d'une uropathie malformative |