- Distinction entre un oedème lésionnel et un oedème pulmonaire cardiogènique
OAP est la manifestation la plus fréquente d'insuffisance cardiaque aiguë, il est parfois associé à un tableau de choc cardiogénique
| Physiopath. | 1. Insuffisance cardiaque entraine une augmentation brutale des pressions de remplissage ventriculaire gauche
2. Augmentation de pression au niveau de l’OG et au niveau des capillaires pulmonaires (> 25 mmHg) :
→ À l’état normal : PCP est de l’ordre de 7-12 mmHg et la pression oncotique est de 25 mmHg
→ Si PCP > 25 mmHg (donc supérieure à la pression oncotique interstitielle) : formation d’un transsudat dans les alvéoles pulmonaires
3. Alvéoles sont « inondées », hématose est altérée, ce qui entraîne une hypoxémie (shunt vrai fonctionnel)
4*.* Il existe un mécanisme compensatoire : hyperventilation (explique la présence initiale d'une hypocapnie) |
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| Insuffisance cardiaque aiguë | - SCA, si il s’agit d’un SCA avec sus-décalage du segment ST, les causes peuvent être :
→ Diminution de la fonction contractile (le plus fréquent)
→ Insuffisance mitrale fonctionnelle (ischémie de pilier) ou mécanique (rupture de pilier)
→ Trouble du rythme ou de la conduction
→ Rupture septale (plus souvent à l'origine d'un état de choc cardiogénique)
- Valvulopathie aiguë : endocardite, dysfonction de prothèse valvulaire, dissection aortique, rupture de cordage mitral (maladie de Barlow)
(penser à une valvulopathie rhumatismale [en particulier mitrale] face à un OAP du jeune migrant, associé à une FA)
- Trouble du rythme supraventriculaire, tachycardie ventriculaire
- Crise aiguë hypertensive
- Surdosage en médicament inotrope négatif |
| Décompensation d’une IC gauche chronique | - Écarts de régime sans sel (ex classique : huîtres de Noël), Abus d'alcool, Rupture ou observance imparfaite du traitement
- Poussée hypertensive, Syndrome coronarien aigu
- Fibrillation/flutter auriculaire, Tachycardie ventriculaire, Trouble de la conduction aigu
- Causes iatrogènes :
→ Antiarythmiques déprimant la fonction cardiaque, β-bloquants, AINS, Inhibiteurs calciques bradycardisant (diltiazem, vérapamil)
→ Diurétiques, Vasodilateurs (par diminution trop importante de la précharge)
→ Transfusion sanguine, Chimiothérapie cardio-toxique, Post-chirurgie
- Infection (notamment surinfections bronchiques, ou pneumopathies), Fièvre
- Anémie
- Dysthyroïdie plus rarement (hypo- ou hyperthyroïdie) : amiodarone +++
- Grossesse, FAV, Paget, Acidocétose |
Démarche diagnostique : OAP cardiogénique
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📌 En cas de résolution rapide on parle d’épisodes de sub-œdème pulmonaire, qui ont la même valeur sémiologique que l'OAP
Ils peuvent en effet évoluer vers une de détresse respiratoire et/ou l'apparition d'un collapsus, il s'agit donc aussi d'urgences
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- Diagnostics différentiels
| Terrain |
Il peut s'agir parfois d'une symptomatologie de novo chez un patient sans cardiopathie connue |
| Symptômes |
État de détresse respiratoire de survenue brutale, souvent nocturne, plus rarement à l’effort : |
- Polypnée superficielle : parfois douloureuse avec sensation de chape de plomb sur les épaules
- Dyspnée avec orthopnée (obligé de s'assoir, jambes pendantes au bord du lit)
- Toux avec expectoration "mousseuse" blanchâtre ou saumonée (car elle peut être teintée de sang)
- Grésillement laryngé
- Sueurs, angoisse, agitation
- Cyanose périphérique
- Douleur angineuse possible (ischémie myocardiaque)
- Peut donner un tableau de pseudo-asthme cardiaque (mimant une crise d'asthme, notamment chez le sujet âgé) :
→ Frein expiratoire, orthopnée, toux peu productive et mélange de râles sous-crépitants et sibilants à l’auscultation pulmonaire
→ Expliqué par la saillie des veines pulmonaires sous la muqueuse des bronchioles
Si la crise est spontanément résolutive, on parle de : suboedème pulmonaire |
| Signes physiques | - Tachycardie constante : sauf si patient sous bradycardisants, ou si la cause initiale est bradycardisante
- Râles crépitants bilatéraux : partent de la base vers les sommets (selon la sévérité, cf Killip)
- Signes d’une éventuelle d’insuffisance cardiaque chronique (OMI), Signes d'insuffisance cardiaque droite
- Rechercher une valvulopathie ou troubles du rythme à l'auscultation |
| PA | Hypertension artérielle, due à la réaction adrénergique, à l'anxiété et à une éventuelle hypercapnie
Plupart du temps réactionnelle, elle ne doit pas conduire abusivement à attribuer l'OAP cardiogénique à une crise hypertensive |
| Signes de gravité 🔥 | - Tableau de choc :
→ PAS < 100 mmHg, mais une PAS < 110 mmHg est déjà anormale chez un patient hypertendue
→ Troubles de la conscience, Signes d’hypoperfusion périphérique, Oligurie
- Détresse respiratoire aiguë :
→ FR > 30, Tirage, Sueurs profuses (signes d’hypercapnie), Cyanose, FC > 150 bpm, Normo ou hypercapnie
→ SaO2 < 90% sous oxygénothérapie à haut débit au masque haute concentration (impose la mise en place d’une VNI)
- Épuisement : aggravation de la cyanose, FR < 12, Confusion, Signes d’OAP persistants
- Syndrome coronarien aigu : Douleur thoracique, Surélévation du segment ST à l’ECG (ECG ST+) |
| Bilan paraclinique | - Bilan standard : NFS, ionogramme sanguin, urée, créatinine, bilan hépatique, TP/TCA
- ECG, RXT, ETT
- Troponines : élévation modérée peut se rencontrer même en l’absence de pathologie coronarienne aiguë
- BNP ou NT-Pro-BNP : valeurs basses (BNP < 100 pg/mL ou de NT-proBNP < 125 pg/mL) remettent en cause l'origine cardiaque
- Gaz du sang artériel :
→ Effet shunt gazométrique : hypoxie/hypocapnie (shunt vrai fonctionnel)
→ Soit normocapnie/hypocapnie : par hyperventilation alvéolaire (pouvant induire une alcalose respiratoire)
→ Soit hypercapnie : en cas d’épuisement respiratoire (pouvant induire une acidose respiratoire)
→ Acidose métabolique parfois en lien avec une hyperlactémie (à trou anionique élevé)
° Hyperlactatémie modérée d’origine musculaire à cause des efforts respiratoires
° Hyperlactatémie plus important si état de choc associé |
Prise en charge de l’OAP cardiogénique
- Focus : Traitement d’une poussée d’insuffisance globale sans OAP franc
- Quand appeler le réanimateur ?
- Intérêt de la ventilation mécanique
| Objectifs | - Assurer l'oxygénation du patient
- Réduire la pression hydrostatique capillaire pulmonaire en faisant baisser précharge et postcharge cardiaques |
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| Orientation | Beaucoup d'OAP sont pris en charge initialement au domicile ou en salle d'hospitalisation « classique »
- Traitement initial doit être démarré sur place, souvent avant les 1ers examens complémentaires
- Tout en assurant le transfert en milieu adapté : SAU, unité de soins intensifs cardiologiques, réanimation |
| Mise en condition | - Position demi-assise ++
- Mise en place d'une voie d'apport veineuse, Perfusion avec du G5 (sans apport de sel, mais hypotonique)
- Oxygénothérapie (aux lunettes ou au masque à haute concentration) : objectif Sa02 > 90% (sauf en cas d’hypercapnie)
- Monitorage (FC, PA, saturation, scope)
- Morphine IV si anxiété importante non contrôlée ou de douleur thoracique |
| Ventilation | 1. VNI indiquée théoriquement dans toutes les formes d'OAP cardiogénique (selon MIR) ⭐️ :
→ Pas seulement dans les formes hypercapniques ou graves : TOUT LES OAP CARDIOGÉNIQUES
→ Soit par aide inspiratoire avec pression expiratoire positive, ou Continuous Positive Airway Pressure (CPAP)
- Intubation nasotrachéale et ventilation invasive :
→ Si persistance de signes d'insuffisance respiratoire aiguë et d'épuisement respiratoire |
| Diurétiques | Diurétiques de l'anse (furosémide), 80 mg (en l'absence d'insuffisance rénale) en IVD (IV directe)
→ entraînent une baisse de la précharge cardiaque |
| Dérivés nitrés | Dérivés nitrés en intraveineux continu (ex. isorbide dinitrate, trinitrine), contre-indiqués si PAS < 100-110 mmHg ⚠️
Mécanismes :
- Vasodilatation artérielle : abaisse la postcharge ventriculaire gauche
- Vasodilatation veineuse : abaisse la précharge cardiaque droite |
| Anticoag. | Anticoagulation par HBPM préventive systématique |
| Non | Inotropes positifs ne sont pas indiqués dans l'OAP cardiogénique ❌, même grave, ils sont réservés au choc cardiogénique |
| Surveillance continue | - Amélioration rapide (20 à 30 minutes) du patient sous traitement = élément caractéristique de l'OAP cardiogénique
- En absence d'amélioration, il faut revoir le diagnostic et obtenir un avis spécialisé (réanimateur, cardiologue)
- Effets secondaires : hypotension artérielle (dérivés nitrés), hypokaliémie (diurétiques de l'anse) |
| Traitement étiologique | - Digoxine IV et Anticoagulation efficace si fibrillation auriculaire rapide
- Traitement d'une poussée hypertensive
- Diminution ou arrêt du β-bloquant si le patient est déjà sous β-bloquant |
| Traitement de fond | - Bêtabloquant ne doit pas être introduit au cours d'une poussée
- Si le patient est déjà sous bêtabloquant, il est généralement arrêté ou sa posologie est diminuée
- IEC, ARA2 ou Association valsartan/sacubitril sont instaurés une fois le patient stabilisé |