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- Rappels anatomiques - Physiologie
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Physiopathologie de la maladie hémorroïdaire |
| Définition |
Maladie hémorroïdaire représente l’ensemble des plaintes en lien avec les modifications du tissu hémorroïdaire : |
- Crise : si les plaintes sont de courte durée et comportent une composante douloureuse
- Maladie chronique : si les signes sont réguliers
- Pas de corrélation anatomo-clinique (petites hémorroïdes peuvent être symptomatiques, grosses asymptomatiques)
(même si les symptômes s’accompagnent habituellement d’une modification morphologique des hémorroïdes) |
| Théorie mécanique | Fragilisation du tissu de soutien ou matériel d’ancrage des hémorroïdes internes, dont les FR seraient :
- Accouchement (nombreux cas où le début des signes coïncide avec la période d’un accouchement)
- Long temps passé à la selle, Efforts de poussée (dyschésie), Modification de la consistance de selles (selles dures)
- Prise en charge porterait ici sur un renforcement des moyens mécaniques nécessaires à maintenir ou repositionner le tissu hémorroïdaire en sa position anatomique (traitement instrumentaux, et certains chirurgicaux) |
| Théorie vasculaire | - Maladie hémorroïdaire s’apparente ici à l’insuffisance veineuse, cette supportée par :
→ Augmentation de taille du tissu hémorroïdaire en fin de grossesse
→ Efficacité à court terme des traitements dits veinotoniques
- Différences néanmoins avec l’insuffisance veineuse :
→ Hémorroïdes ne sont pas des veines (elles ne comportent pas de valvules conniventes)
→ Saignements rouges de la crise hémorroïdaire ne sont pas veineux |
| | Épidémiologie de la pathologie hémorroïdaire (affection la plus fréquente en proctologie) |
| Fréquence | - Environ 1/3 de la population a eu ≥ 1 symptôme hémorroïdaire durant l’année dernière (1/3 d’entre eux consultent)
- Jusqu'à 80% de la population générâle serait concernée au moins 1 fois dans sa vie |
| Terrain | Peut être observé à tout âge, sans prédisposition feminine/masculine |
| FR | - Troubles du transit intestinal (en particulier la dyschésie)
- 3ème trimestre de grossesse, Accouchement, Post-partum immédiat
- Discutés : ATCD familiaux, ou alimentation épicée |
| Risque ?
Cancer ? | - Maladie hémorroïdaire = maladie bénigne, ne menace pas le pronostic vital, ne dégénère pas
- Saignements hémorroïdaires peuvent gêner le dépistage du CCR :
→ Différence : saignement hémorroïdaire survient classiquement à la fin de la selle, non mélangé aux selles
→ Signe d’alarme : saignement à l'occasion d'une défécation 🚩 nécessite une exploration colorectale
(mais cette attitude pragmatique doit être nuancée selon le terrain-contexte clinique) |
Thrombose hémorroïdaire externe
- Images
- Diagnostics différentiels : autres causes de douleur anale aiguë
| Définition |
Thrombose hémorroïdaire externe est la seule complication des hémorroïdes externes |
| FR déclenchants |
Inconstants : Exercice physique (cyclisme), Contrainte mécanique, Traumatisme (accouchement) |
| Douleur anale aiguë +++ |
- Installation : brutale |
- Intensité : intenses
- Type : associe à divers degré sensation de cuisson - tension - douleur vive
- Rythmé par la défécation ? peu ou pas rythmée par la défécation (contraitement à la fissure anale)
- Insomniante ? rarement insomniante (contrairement aux suppurations) |
| Autres symptômes | - Perception de boule à l’anus
- Saignements tardifs et inconstants (notamment si fistulisation spontanée, avec diminution de la douleur) |
| Examen clinique | - Tuméfaction ferme mais non dure, bleutée, ****douloureuse à la palpation, siégeant dans les plis radiés de l'anus
(souvent localisée, mais peut être diffuse)
- Réaction oedémateuse souvent associée, peut masquer le thrombus si elle est importante (souvent si grossesse, ou PP)
(vaisseaux hémorroïdaires externes sont alors très congestionnés et tuméfiés) |
| NON | - TR et Anuscopie à éviter car douloureux dans cette situation (sauf si doute sur diagnostic diff. ou surajouté)
- Examens complémentaires non nécessaires au diagnostic (examen clinique suffit) |
| Évolutions spontanées possibles | - Régression lente de la crise avec rémission anatomique complète ad integrum (5-15 jours)
- Fistulisation à la peau, se traduit par : saignement minime + régression/sédatation des douleurs
- Formation possible d'une marisque (petite cicatrice sous forme de repli mucocutané résiduel)
→ Excroissance liée à la distension du tissu cutané et sous-cutané par la thrombose, sans retour à une anatomie normale
→ Préjudice surtout esthétique, représente rarement une indication de traitement |
| Complications ? | - Évolution est bénigne dans tous les cas (pas de risque embolique)
- Complications suppuratives secondaires sont exceptionnelles
- Récidives sont possibles, y compris sur le même site |
Complications des hémorroïdes internes
- Classification des hémoirroïdes internes (classification de Goligher)
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📌 Symptômes liés aux plexus hémorroïdaires peuvent s’exprimer soit de façon bruyante, soit sur la durée
→ Hémorragie - Prolapsus/Procidence - Douleurs peuvent s’associer de manière aiguë ou chronique
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Hémorragies hémorroïdaires |
| Saignement |
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| « Épistaxis anal » |
- Horaire : Contemporains de la défécation, ou au Décours immédiat d'un épisode défécatoire |
- Couleur : sang rouge rutilant, vif (origine artériolaire), habituellement non mélangé aux matières
- Abondance : abondance souvent faible, coulant au goutte-à-goutte (rarement giclant), souvent surestimée par les patients |
| Plus rare | Anémie ferriprive par saignement chronique (très rare, doit fait éliminer les autres causes d’anémie ferriprive) |
| Aspécifique | - Aucun élément symptomatique ne permet d'attribuer avec certitude ce saignement à une origine hémorroïdaire (aspécifique)
- Saignements indépendants de la défécation, ou saignement colorant les selles : possible mais doit faire évoquer d’autre diag. |
| | Prolapsus-Procidences hémorroïdaires |
| Cause | Laxité du tissu conjonctif sous-muqueux des hémorroïdes internes
→ peut intéresser 1 paquet (surtout antérieur chez la femme) ou 3 paquets voire être complètement circonférentiel |
| Manifestations | Extériosation des hémorroïdes internes par l'orifice anal
- FR déclenchants : lors de la défécation, parfois en permanence
- Gêne mécanique (sensation de boule sortante, notamment lors des efforts de poussées)
- Manifestations présentes surtout dans prolapsus fréquents ou permanents (grade 3-4) : Prurit, Suintement, Brûlures anales
(néanmoins prurit n’est pas considéré comme symptôme hémorroïdaire, ≠ indication de traitement instrumental ou chirurgical) |
| | Complications plus rares des hémorroïdes internes |
| Crise fluxionnaire (hémorroïdaire) | - Toutes douleurs causées par hémorroïde interne, hors thrombose (y compris sensation de chaleur, ou pesanteur périnéale)
(diagnostic est donc posé après élimination de pathologie alternative, notamment fissure ou suppuration)
- FR déclenchants (inconstants) : diarrhée, constipation, effort de type dyschésie, excès de table (alcool, plats épicés)
- Facteur aggravant : passage à la selle (per-défécatoire, et post-défécatoire peu durable), exercice physique
- Durée : aiguë, ou parfois plus prolongée (en moyenne dure 24-72h)
- Examen endoscopique : aspect congestif, oedémateux, parfois un semis de microthromboses |
| Thrombose hémorroïdaire interne | Beaucoup plus rare que la thrombose hémorroïdaire externe :
- Symptôme : Douleur anale aiguë perçue comme « interne »
- Clinique : Marge anale normale, TR très douloureux perçoit le thrombus, Anuscopie permet de confirmer le diagnostic |
Prise en charge de la pathologie hémorroïdaire
- Traitement instrumental - Traitement chirurgical de la maladie hémorroïdaire interne
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Mesures générales |
| 4 règles |
- Traitement des hémorroïdes doit être réservé aux formes symptomatiques |
- Traitement des hémorroïdes est un traitement de confort dans la majorité des cas
- Traitements médicamenteux : habituellement réservés aux symptômes aigus et proposés en cure courte
- Procédés instrumentaux et chirurgicaux : constituent le traitement de la maladie hémorroïdaire interne (PEC spécialisée) |
| Règles hygiéno-diététiques | Lutter contre la constipation chronique ++ :
- Intérêts : limite l’installation de la maladie hémorroïdaire, résolution des symptômes, prévient récidives voire complications
- Alimentation riche en fibres solubles ****(graines de lin, graines de Chia, Psyllium blond ...)
- Prescription de laxatifs doux (mucilage ou macrogol) : si constipation |
| NON | Régimes d’exclusion alimentaire n’ont pas d’efficacité ❌ |
| | Traitement de la thrombose hémorroïdaire externe (urgence antalgique) |
| Médicament | - AINS ++, Antalgique (palier 1-2), Traitement topiques contenant anesthésique local, Veinotonique (niveau de preuve faible)
- Corticoïde en cure courte : alternative si CI aux AINS et au traitement chirurgical (notamment si forte composante oedème) |
| Geste local
(≠ chirurgie) | Incision ou Excision de la zone thrombosée en consultation (préférer l'excision car meilleure efficacité, et effet plus durable):
- Soit d’emblée si la thrombose est vue précocement
- Soit inefficacité du traitement médical après 24-48h
- Contre-indication : geste local contre-indiqué si thrombose oedémateuse (risque d'inefficacité et d'hémorragie) |
| | Traitement de la maladie hémorroïdaire interne |
| Médicament | Utilisation ponctuelle lors d’épisodes douloureux (≠ traitement de formes chroniques dominées par procidence/hémorragie) :
- Antalgique, AINS
- Veinotonique diosmine : efficacité démontrée, diminue intensite/durée des symptômes
- Topiques locaux : émollients, analgésique, diminue inflammation, diminue oedème, favorise cicatrisation |
| Intervention | - Traitement instrumental : ligature élastique, sclérose, photocoagulation infra-rouge, coagulation bipolaire, cryothérapie
- Traitement chirurgical : hémorroïdectomie, ou fixation hémorroïdaire par processus mécanique ou thermique |