https://www.lecofer.org/item-cours-1-13-0.php
- Physiopathologie (rang C)
- Tableau (épidémiologie) - à titre indicatif
- Classification des MAI
| Auto-Immunité |
Phénomène naturel, qui est contrôlé en permanence pour le maintien de la tolérance du système immunitaure vis à vis des antigènes du soi |
| Maladie |
|
| auto-immune |
Rupture des mécanismes de tolérance, elle se caractérise par : |
- Conséquence de la réaction immunitaire vis à vis des antigènes du soi (signes cliniques, biologiques, histologique, d'imagerie)
- Présence de auto-AC et/ou lymphocytes auto-réactifs dans un organe atteint :
→ Signes biologiques ou histologiques d'auto-immunité
→ Attention, la seule présence de signes biologiques (sans signes cliniques, histologiques ou d'imagerie) : insuffisante pour porter le diagnostic de MAI
→ Cependant, dans de nombreux cas, l’auto-immunité pathologique apparaît avant l’apparition des signes cliniques
- Démonstration du pouvoir pathogène de ces effecteurs autoréactifs in vitro ou in vivo par transfert d'un individu à l'autre (en pratique rarement démontré)
- Reproduction de la maladie par immunisation contre l'autoantigène cible
- Prévention et contrôle de la maladie par l'administration d'un traitement immunosuppresseur |
| MAI sévère | Existence de lésions d'organes «nobles» (rein, poumon, SNC, SNP, coeur, tube digestif, système hématopoïétique), doit être recherchée systématiquement devant une MAI : elle caractérise une maladie auto-immune «sévère», pouvant engager le pronostic vital et justifiant un traitement agressif |
| Prévalence | Prévalence de 5-10%, chiffre en augmentation ces dernières décennies, 3ème cause de morbidité dans les pays développés |
| Ordre de fréquence | *Ordre de fréquence selon médecine interne, mais discordance avec ce qui est en rhumato (cf tableau à titre indicatif)
- Fréquents : Polyarthrite rhumatoïde, Pathologies thyroïdiennes auto-immunes, Sclérose en plaque
- Relativement fréquents : syndrome de Sjögren, maladie coeliaque, diabète de type 1*
- Reste sont rares = MAI dont la prévalence < 1/2000 |
| Âge | Âge moyen de début à 50 ans, mais très dépendante du type de MAI |
| Sex-ratio | Prédominance féminine (80%) |
- Facteurs étiologiques des maladies auto-immunes
Diagnostic biologique d’une maladie auto-immune
Anomalies immunologiques = auto-AC
| Généralités | - Utiles au diagnostic, sensibilité et spécifité variable
- Seule présence des auto-AC est insuffisante pour affirmer le diagnostic ⚠️
(toute stimulation du système immunitaire comme lors de certains infections, peut conduire à la formation d’auto-AC)
- Ils ne sont pas tous pathogènes, certains sont seulement des marqueurs
- Certaines MAI ne sont pas associées à des auto-AC : sclérose en plaque |
| --- | --- |
| Principales familles | - AC anti-nucléaires (AAN, ANA, ou ACAN) : marqueur des MAI systémiques non vascularite, en particulier les connectivites
- AC anti-tissus ou anti-cellules : marqueurs des MAI spécifiques d’organes
- AC anti-phospholipides : marqueurs du SAPL
- Facteur rhumatoïde (AC dirigé contre le fragmente Fc des IgG humaines et/ou animales) : marqueur peu spécifique de la PR
- AC anti-anti-peptides cycliques citrullinés (anti-CCP ou anti-ACPA en anglais) : marqueurs de la PR
- AC anti-cytoplasmes des PNN (ANCA) : marqueur des vascularites à ANCA |
- AC anti-nucléaires (AAN, ou ACAN)
- AC anti-phospholipides
- AC anti-cytoplasmes des PNN (ANCA)
- Facteur rhumatoïde
- Auto-AC anti-protéines citrullinées (ACPA)
- Auto-anticorps anti-tissus, anti-cellules, anti-récepteurs
Anomalies biologiques des MAI
| Hémogramme | - Thrombopénie (PTI primaire, ou PTI secondaire ex. lupus systémique) : souvent secondaire à des AC anti-PQ non recherchés en pratique
- Thrombocytose : syndrome inflammatoire chronique
- Leucopénie (neutropénie ou lymphopénie) : fréquente dans les MAI systémiques, à < 1000/mm3, souvent d’origine périphérique (immunologique)
- Hyperleucocytose : certaines vascularites, maladie de Still
- Anémie (5 mécanismes possibles) :
→ Hémolytique AI : par des AC anti-GR qui peuvent être mis en évidence par test direct à l'anti-globuline (ou test de Coombs direct)
→ Microangiopathie thrombotique : schizocytes sur frottins sanguin (hémolyse mécanique) + thrompénie (périphérique de consommation)
→ Carence martiale : secondaire à une maladie coeliaque avec malabsorption
→ Anémie inflammatoire
→ Insuffisance rénale chronique : dans le lupus systémique par exemple |
| --- | --- |
| VS, CRP | Syndrome inflammatoire souvent observé dans les MAI systémiques au cours de poussées, mais inconstant :
- Généralement absent dans : MAI spécifiques d'organes (sauf MICI et PR), et MAI systémique non-vascularitiques
- Généralement présent dans : Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, polyarthrite rhumatoïde, MAI systémique vascularites |
| EPS | - Hypoalbuminémie + Hyper-α2-gammaglobulinémie : en cas de syndrome inflammatoire
- Hypergammaglobulinémie polyclonale (a pour effet d’augmenter la VS) :
→ Globale : MAI systémique avec une forte activation des LB comme le lupus systémique et syndrome de Sjögren
→ Prédominant sur IgG : hépatites auto-immunes
→ Prédominant sur IgM : cirrhose biliaire primitive |
| Complément
(C3, C4, CH50) | - Hypercomplémentémie observée au cours du syndrome inflammatoire : dans la plupart des maladies systémiques ou infectieuses
- Déficit en complément génétique : prédisposant au lupus (C1q-C2-C4)
- Hypocomplémentémie par consommation (baisse du C3, C4, CH50)
→ Cryoglobulinémies
→ Lupus systémique (utile à la surveillance, car associée à une pathologie plus sévère)
→ Vascularites en poussées
→ Dépôts de complexes immuns qui activent la voie classique du complément |
| Selon l'organe atteint | - Rein (lupus sytémique, vascularites à petits vaisseaux) : protéinurie, hématurie, créatinine, ionogramme sanguin et urinaire
- Muscles (myosites) : créatines kinases (CK, à doser devant une élévation des transaminases surtout si prédominance sur ASAT)
- Foie : cholestase (cholangite biliaire primitive), cytolyse (hépatite auto-immune) |
| Cryoglobulinémie
Cryofibrinogène | Le plus souvent polyclonale (de type III), notamment dans le lupus ou le syndrome de Gougerot-Sjögren |
Prise en charge