| Conduites suicidaires |
Conduites suicidaires = suicides + tentatives de suicides |
| Suicide |
Acte délibéré de mettre fin à sa propre vie = suicide « abouti » (attention, on ne parle pas de suicide « réussi ») |
- Rang en terme de mortalité : 1ère cause de mortalité chez les 25-35 ans, 2ème cause de mortalité chez les 15-25 ans
- Âge : taux de suicide augmente avec l’âge (rare chez l’adolescent, fréquent chez l’homme âgé)
- Sex-ratio : surmortalité masculine nette : 3H/1F
- Incidence : 9000/an en France, soit 6 suicides/100.000 personnes/an (25 chez les hommes, 8,0 chez les femmes)
(soit 1 suicide toutes les 40 minutes)
- Mode de suicide par fréquence : pendaison > armes à feu (chez les hommes) > médicaments > saut dans le vide |
| Tentative de suicide (TS) | Comportement auto-infligé avec intention de mourir sans issue fatale (= suicide inabouti) :
- Nombre TS/an en France : 150.000-200.000 TS donnant lieu à un contact avec système de soin, soit 1 TS toutes les 4min
- Pourcentage d’adulte ayant fait une tentative de suicide au cours de sa vie : 7,2%
- Pourcentage d’adulte ayant fait une tentative de suicide au cours des 12 derniers mois : 0,4%
- Fréquence de récidive après une TS : 40%, dont la moitié survenant dans l’année
- Mortalité par suicide dans l’année qui suit une TS : 1% (soit 50x plus élevée que en population générale) 🏴☠️
- Taux de décès par suicide au cours de la vie des les sujets ayant fait une TS : 10%
- Sex-ratio : prédominance féminine des TS (mais TS moins mortelles, car le suicide prédomine chez l’homme)
- Moyens les plus fréquemment utilisés : IMV, phlébotomie, saut d’une grande hauteur, pendaison |
| Équivalents suicidaires | Conduites à risque où la vie du sujet peut être mise en jeu sans expression d'un désir/volonté de se donner la mort
(ex. : conduites d’automutilation, prises de risque, mauvaise observance à un traitement ou refus de soins) |
| Idées suicidaires | - Pensées concernant le désir et la méthode de se donner la mort
(allant des idées morbides vagues et floues jusqu’à une planification élevée avec un scénario établi)
- Pourcentage de personne de 18-85 ans ayant déclaré avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois : 4,2%
- Pourcentage de adolescent ayant déclaré avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois : 5-10% (2F/1G) |
| Personne suicidée | Personne qui s’est donné la mort volontaire |
| Personne suicidante | Individu survivant à sa TS |
| Personne suicidaires | Individu ayant et/ou exprimant verbalement ou non verbalement des idées suicidaires |
Démarche à suivre devant une crise suicidaire
- Mécanisme → crise survient lorsque les ressources adaptatives sont épuisées
- Crise suicidaire selon l’âge/terrain
| Définition | Crise psychique s’inscrivant dans un contexte de vulnérabilité avec émergence et expression d’idées suicidaires :
- État réversible et temporaire, à un moment donné (avec un début et une fin), dans la vie d’un individu
- Risque majeur est le suicide ⚠️ |
| --- | --- |
| Questionner ? | Il ne faut jamais hésiter à questionner le patient sur l’existence d’idées de suicide
(interroger sur les idées de suicide ne les fait pas émerger et permet de favoriser leur expression) |
| Manifestations cliniques | - Symptômes non spécifiques du registre dépressif ou anxieux
- Isolement, Retrait par rapport aux marques d’affection et au contact physique
- Prises de risque inconsidérées, Consommation de substances psychoactives (alcool, substances illicites, tabac) |
| Idées et Comportements préoccupants | - Sentiment de désespoir, Souffrance psychique intense
- Réduction du sens des valeurs, Cynisme (ignore volontairement les règles élémentaires du savoir-vivre)
- Goût pour le morbide, Recherche soudaine de moyens létaux (ex. armes à feu) |
| Risque de passage
à l’acte 🚩
| Signes devant faire évoquer un risque de passage à l’acte :
- Comportements de départ/préparatoire (rédaction de lettres, dispositions testamentaires, dons ...)
- Syndrome présuicidaire de Ringel = ACCALMIE, caractérisée par :
→ Calme apparent, Attitude de retrait
→ Diminution de la réactivité émotionnelle, de la réactivité affective, de l’agressivité et des échanges interpersonnels |
| Évaluation :
Échelle RUD | - Risque : rechercher facteurs de risque, facteurs protecteurs
- Urgence : évaluation du projet suicidaire
- Danger : évaluer les moyens à disposition (selon sa létalité potentielle, et son accessibilité) |
Évaluer la crise suicidaire (3 étapes, échelle RUD : risque/urgence/danger)
- Évaluation du risque suicidaire → facteurs de risque, facteurs protecteurs
- Évaluation de l’urgence → projet suicidaire
Prise en charge d’une crise suicidaire
<aside>
🧑🏻⚕️ Avis psychiatrique doit être sollicité pour tout patient suicidaire ou suicidant après stabilisation de son état clinique non psychiatrique
(somatique doit être traité AVANT le transfert en psychiatrie)
</aside>
- Prise en charge chez l’enfant et l’adolescent
- Prise en charge chez la personne âgée
- Principes de prévention
|
Entretien |
| Règles de l’entretien |
- Entretien doit se faire dans un endroit calme, en toute confidentialité et en face-à-face : priorité est d’évaluer le risque suicidaire |
- Idées suicidaires doivent être abordées directement (ex. « avez- vous des idées de suicide ? ») |
| Ne pas faire | Ne pas dramatiser la situation et laisser le patient s’exprimer (pour autant banaliser les conduites suicidaires = urgence psychiatrique) |
| Rôle de l’entourage | - Primordial d’avoir un contact avec famille/entourage afin de repérer des soutiens possibles (en respectant le secret médical)
- Entourage proche doit essayer d’établir un lien et relation de confiance en adoptant attitude de bienveillance, d’écoute, de dialogue
- Deux caractéristiques de la réaction familiale ont un impact favorable sur la prise en charge ultérieure :
→ Capacité à reconnaître la gravité de l'acte (opposée à la banalisation)
→ Capacité à reconnaître la souffrance psychique de chacun (opposée au déni de cette souffrance) |
| Au long cours | - Suivi au long cours nécessaire (même si amélioration symptomatique, qui est fréquente dans les jours qui suivent le passage à l'acte)
- Plan de sécurité personnalisé est élaboré avec le patient : correspond à la liste des ressources (personnes-ressources, numéro de téléphone d’urgence, activités apaisantes, technique de réassurance, etc.) que le patient peut utiliser avant et pendant une crise suicidaire |
| | Hospitalisation (en soins libres ou en soins sans consentement) |
| Indications | Degré d’urgence élevé ou Degré d’urgence faible ou moyenne associé à des troubles psychiatriques décompensés |
| Objectifs | - Protéger la personne en limitant le risque de passage à l’acte suicidaire :
→ Limiter l’accès à des moyens létaux : inventaire des affaires et retrait des objets dangereux, blocage des fenêtres
→ Surveillance rapprochée : passage régulier des soins, chambre à proximité de l’infirmerie voire surveillance à vue en permanence
- Psychothérapie de soutien pour faciliter la résolution de la crise
(relation de confiance, verbalisation de la souffrance, travail de l’alliance thérapeutique ...) |
| Échec | - Hospitalisation ne permet pas de prévenir tous les suicides (environ 5% des suicides ont lieu dans les établissements de soins)
- Principales causes de suicide à l’hôpital = défenestration/précipitation et pendaison |
| | Traitement médicamenteux |
| Symptomatique | - Agitation ou Anxiété importante : Anxiolytique ou Sédatif
- Insomnie sévère transitoire : Hypnotique
- Impulsivité importante : Éviter une 1ère prise de BZD ❌**,** privilégier antipsychotique sédatif de type phénothiazine (ex. cyamémazine) |