https://www.lecofer.org/item-objectifs-0-20-0.php
https://radiopaedia.org/articles/complex-regional-pain-syndrome
| Définition | Syndrome douloureux régional complexe (SDRC, ou CRPS pour Complex Regional Pain Syndrome) :
- Syndrome : implique que la définition est clinique
- Douloureux : indispensable au diagnostic
- Régional : évoque l'extension possible des symptômes, parfois à tout un membre
- Complexe : traduit la variabilité des symptômes dans leur localisation, dans leur présentation et dans le temps |
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| Types | - SDRC de type 1 (anciennement algodystrophie, 90%) : si absence de lésion nerveuse périphérique patente
- SDRC de type 2 (anciennement causalgie, 10%) : si lésion nerveuse périphérique patente |
| Physiopath. | Physiopathologie du SDRC est complexe et encore insuffisamment connue, c'est pourquoi les traitements proposés sont symptomatiques plutôt que curatifs, il est actuellement établi qu'il existe des dysfonctionnements neurologiques :
- Dysfonction du SNP : inflammation neurogène périphérique, dérèglement régional du système nerveux végétatif
- Dysfonction médullaires : dysfonctionnements sympathiques et sensitifs
- Dysfonction cérébrale : réorganisations fonctionnelles des cortex sensitif et moteur
- Phénomènes pathologiques médullaires et cérébraux sont considérés comme un exemple de plasticité maladaptative |
| Incidence | Incidence annuelle du SDRC (type 1) est faible : estimée entre 5 et 25 pour 100.000 |
| Âge de début | Adulte à tout âge (pic entre 50-70 ans), possible mais exceptionnel chez enfant/adolescent |
| Sex-ratio | Prédominance féminine (3F/1H), surtout en post-ménopausique selon ortho |
| Site le plus touché | - Rhumato : membre inférieur est 2x plus touché que le membre supérieur
- MPR : membre supérieur est le plus souvent touché |
| Évolution | Évolution non prévisible, pronostic difficile à établir (vigilance vis à vis de l’information au patient)
- Spontanément favorable (90% des cas), mais peut être prolongée (12 à 24 mois)
- Défavorable (5-10% des cas), l'évolution est plus lente avec :
→ Persistance des douleurs pendant plusieurs années, pouvant être hyperalgiques et très invalidantes
→ Troubles trophiques
→ Rétractions aponévrotiques |
- Éléments de physiopathogénie du SDRC
- Étiologies de SDRC
Démarche diagnostique : SDRC
- Formes cliniques
- Examens complémentaires dans le SDRC
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📌 SDRC est un diagnostic d’exclusion
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| Critères |
Critères diagnostiques de BUDAPEST |
| Douleur |
- Topographie : douleur régionale ne correspondant pas à un territoire nerveux périphérique (sauf éventuellement SDRC2) |
- Horaire : permanente, continue (en particulier au début de l'évolution)
- Facteur déclenchant : spontanée ou provoquée
- Intensité : variable mais disproportionnée en intensité/durée par rapport à l'évolution attendue du facteur déclenchant
(impotence fonctionnelle possible, variable jusqu'à l'exclusion du membre concerné du schéma corporel)
- Facteurs aggravants : orthostatisme, peut être augmentée par des facteurs somatosensoriels
- Type : superficielle ou profonde, qualité de la douleur à définir : picotements, brûlures, fourmillements ...
- Souvent plurifactorielle : séquelles de fracture (douleur mécanique), oedème, douleur neuropahtique ... |
| Troubles
sensoriels | - Modifications de la sensibilité tactile, douloureuse, thermique, à la pression : hypo/hyperesthésie, hyperalgésie
- Rechercher des douleurs provoquées : allodynie mécanique statique ou dynamique, allodynie thermique au froid/chaud
- Autres anomalies possibles : modification du schéma corporelle, pseudo-négligence motrice avec modification de la perception de la taille d'un segment de membre, de la reconnaissance du membre, bradykinésie, asomatognosie ... |
| Troubles
moteurs | - Amyotrophie (par sous-utilisation), Diminution de la force musculaire et des mouvements complexes
- Tremblement fin des extrémités
- Dystonie |
| Troubles
vaso-moteurs | - Érythrocyanose (vasodilatation), Pâleur (vasoconstriction), Oedème
- Modification de la température cutanée (peau froide le plus souvent, ou chaude), Hypersudation peut être importante |
| Troubles
trophiques | Troubles trophiques sont généralement tardifs, mais peuvent s’installer rapidement :
- Peau (peau fine ou hyperkératosique), phanères (ongles striés, cassants)
- Rétractions capculaires articulaires, tendineuses, aponévrotiques : font tout le pronostic fonctionnel de l'affection |
- Critères diagnostiques de BUDAPEST
- Algorithme diagnostique
Prise en charge thérapeutique du SDRC
- Mesures préventives du SDRC
| Objectifs
de la PEC | Traitement seulement symptomatique (limiter les douleurs, préserver la mobilité, favoriser la guérison sans séquelles)
→ PEC doit être précoce pour éviter la sous-utilisation du membre concerné et la survenue de troubles trophiques |
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| Traitement de 1ère intention
(MPR) | Prescription suivante est possible par tous les médecins :
- Antalgiques de paliers 1, 2, 3 : gradation selon l'intensité des douleurs
- Kinésithérapie : doit être débutée précocement, dès que le SDRC est considéré comme probable
- Ergothérapie : si atteinte de la main
- Dispositifs médicaux passifs (orthèse, cannes ...) : à visée antalgique et/ou de préservation fonctionnelle |
| Immobilisation ? | Éviter l'exclusion fonctionnel du membre atteint :
- Repos total est interdit (ex. immobilisation stricte) : pérennise le SDRC 1 ⚠️
- Repos relatif est indiqué en phase chaude : pour le membre inférieur, le pas peut être simulé + port de bas de contention |
| Médicaments | Aucun traitement médicamenteux n'a d'AMM spécifiquement pour ce syndrome en France ❌ :
- Antalgiques pouvant être utilisés : paracétamol, opoïdes faibles, anti-épileptique/anti-dépresseur (si neuropathique)
- Antalgiques à éviter sans avis spécialisé : AINS, corticoïdes, opoïdes majeurs |
| Kinésithérapie | - Indication : précocement, dès que le SDRC est considéré comme probable
- Objectif : mobiliser, prévenir les rétractions, drainer l’oedème, favoriser retour veineux, éviter exclusion fonctionnelle
- Règle de la « non-douleur » doit être abandonnée : expliquer au patient qu'il ne doit ni en faire trop ni pas assez, les deux extrêmes réveillant les douleurs, et une rééducation trop agressive peut entraîner une exacerbation du SDRC en majorant la douleur et les œdèmes, le stress, la fatigue
Moyens thérapeutiques :
- Techniques de lutte contre douleur, œdème, troubles trophiques (patient doit être mobilisé même si douloureux) :
→ Physiothérapie antalgique, Thermothérapie (chaud, froid, bains écossais)
→ Massages de drainage de l'ensemble du membre
→ Techniques de gain articulaire : mobilisations articulaires (manuelles ou instrumentales)
- Techniques de gain musculaire : renforcement musculaire isométrique, puis renforcement libre
- Techniques de rééducation sensitive : si signes sensitifs (hyper- ou hypoesthésie, allodynie, hyperalgésie)
- Techniques de travail fonctionnel :
→ Membre inférieur : marche en décharge partielle avec travail du schéma de marche (cannes, balnéothérapie)
→ Membre supérieur : balnéothérapie (travail en piscine permet aussi le travail du gain articulaire et musculaire)
- Techniques cognitives : techniques d'imagerie motrice et de thérapie au miroir
Selon la phase :
- Phase chaude : kinésithérapie progressive, associant physiothérapie à visée antalgique, thermothérapie, drainage circulatoire
- Phase froide : objectif est de limiter les rétractions capsulo-ligamentaires, à lutter contre l'enraidissement articulaire |
| Ergothérapie | Mêmes principes que la kinésithérapie (début précoce, fréquence et programme adapté aux symptômes) :
- Indication : si atteinte du membre supérieur
- Objectifs :
→ Rééducation : concerne principalement le membre supérieur
→ Réintégration fonctionnelle du membre supérieur (éviter l'exclusion du membre et recouvrer une autonomie fonctionnelle) |
| Neurostimulation | - Neurostimulation électrique transcutanée (TENS) : peut être utile, repose sur la théorie du portillon du Wall et Melzack
- Neurostimulation médullaire : proposée dans les formes très sévères |