https://radiopaedia.org/articles/peptic-ulcer-disease
- Physiopathologie - Étiologies - Facteurs de risque (tombé en annale ++)
| Définitions
(profondeur) | 1. Ulcère ≠ érosions qui se limitent à la muqueuse
2. Ulcère ≠ ulcérations qui se limitent à la sous-muqueuse
3. Ulcère = perte de substance de la paroi gastrique ou duodénale qui atteint la musculeuse |
| --- | --- |
| Ulcère aigu vs chronique | Ulcère chronique se distingue de l'ulcère aigu par :
→ existence socle scléro-inflammatoire dans la musculeuse contenant hyperplasies nerveuses + lésions d'endartérite |
| Incidence | Incidence des UGD a régressé dans les pays développés (en parallèle au recul de l'infection gastrique à H. pylori) :
- Pays développés : 1-2/1000/an
- France : 90.000/an |
| Sex-ratio | - Selon le LISA : prédominance masculine 2H/1F
- Selon l’ancien référentiel, la prédominance masculine n’est retrouvé que pour l’ulcère duodénal, pas pour l’UG |
| Complications
Mortalité | - Ulcères des sujets âgés sont volontiers compliqués
- UGD compliqués sont attribuables dans 1/3 des cas à AINS ou Aspirine faible dose
- Taux de mortalité des complications ulcéreuses (hémorragie, comorbidités associées) : 2-10% |
| Âge | Avant 55 ans : ulcère duodénale est 3-4x plus fréquent que l'ulcère gastrique |
| Terrain | Ulcères touchent surtout patient avec comorbidités (CV, rénale, hépatique, pancréatique) |
Démarche diagnostique
| Syndrome ulcéreux typique
⭐️ | Douleur épigastrique à type de crampe/torsion ou de faim douloureuse :
- Pas d’irradiation ❌
- Calmée par la prise d'aliments ****(et par la prise d'anti-acides et de pansements gastriques)
- Double périodicité :
→ Dans la journée : douleur post-prandiale tardive (1-3h après les repas)
→ Dans l’année : poussées de quelques semaines, séparées par des périodes asymptomatiques de quelques mois ou années |
| --- | --- |
| Syndrome douloureux atypique | Il est plus fréquent que la forme typique :
- Localisation variable : hypochondre droit ou gauche, irradiation dorsale ou strictement postérieur
- Intensité variable : forme hyperalgique, pseudo-chirurgical, ou au contraire frustre avec une simple gêne
- Absence de périodicité, Non rythmé par l'alimentation |
| Examen clinique | Examen physique normal en l'absence de complication ✅ |
| Autres circonstances de découverte | - Forme asymptomatique (UGD révélé par une endocospie réalisée pour une autre raison) : dans 2/3 des cas selon certaines études
- Complications ulcéreuses inaugurales :
→ Hémorragie ou Perforation : surviennent d’emblée, sans signe d’alarme préalable
→ Sténose : révélée par des vomissements post-prandiaux |
| Signes de gravité 🚩 | Il n’y a pas de critère de gravité de la douleur ulcéreuse, il n’existe pas de parallélisme anatomo-clinique ❌
On recherche les signes associés à la recherche d’une complication 🚩 :
- Perforation : défense abdominale ou contracture
- Cancer : amaigrissement, adénopathie sus claviculaire
- Hémorragie :
° Chute TA, Tachycardie
° Hématémèse (ou malaise initial), Méléna, Sang au toucher rectal (réalisé uniquement si signes évocateurs d’hémorragie) |
Examens complémentaires l’UGD : endoscopie digestive haute (EOGD) + Biopsies
- Images
- Diagnostics différentiels
| Généralités | Examen clé, à réaliser devant tout syndrome ulcéreux typique, confirme le diagnostic, élimine des diagnostics différentiels (cancer +++ en cas d’ulcère gastrique), permet de rechercher HP sur des biopsies
→ permet de visualiser le tractus digestif jusqu'au 2ème duodénum, et de réaliser des biopsies |
| --- | --- |
| Anesthésie ? ⭐️ | Anesthésie locale pharyngée, ou Anesthésie générale (PAS NÉCESSAIRE GÉNÉRALE) |
| Morbidité | Morbi-mortalité faible de cet examen (hémorragie, perforation, fausse route) |
| Caractéristique
de l’ulcère | - Perte de substance profonde, « creusante »
- Fond pseudo-membraneux (blanchâtre), parfois nécrotique (noirâtre)
- Généralement ronde ou ovalaire
- Bords réguliers, légèrement surélévés et érythémateux |
| Si ulcère duodénal | - Siège préférentiel : en plein bulbe, ou à la pointe du bulbe (D1)
- Si ulcère post-bulbaire (très rare) : évoquer syndrome de Zollinger-Ellisonn ou MICI (Crohn, Vascularite)
Si l'endoscopie montre un ulcère duodénal, il faut faire :
- Biopsie de la lésion duodénale n’est pas nécessaire ❌
- Biopsies gastriques (antre, angle, fundus) PAS SUR LE DUODÉNUM : pour faire le diagnostic de gastrite à HP
(sauf si l'infection à HP est déjà montrée par une autre méthode)
- Contrôle endoscopique n’est pas nécessaire chez un patient asymptomatique après traitement ❌
(sauf si l'ulcère duodénal était compliqué) |
| Si ulcère gastrique | - Siège préférentiel : antre, la petite courbure
Si l'endoscopie montre un ulcère gastrique, il faut faire :
- Biopsies gastriques (antre, angle, fundus) PAS SUR LE DUODÉNUM : pour faire le diagnostic de gastrite à HP
- Biopsies multiples de l'ulcère gastrique pour rechercher une lésion tumorale (adénocarcinome voire lymphome)
→ entre 6-12 biopsies intéressant toute la circonférence de la lésion sur les berges de l'ulcère
- Après traitement, une fibroscopie de contrôle doit être faite avec :
° Biopsies de la zone ulcérée résiduelle ou de la zone cicatricielle
° Biopsies gastriques antrales et fundiques pour recherche d'HP (échec de l'éradication dans environ 30%) |
<aside>
✅ Recherche d’Helicobacter pylori est systématique devant tout UGD +++++++++++
</aside>
Complications de l’UGD
- Hémorragie digestive sur ulcère gastro-duodénale (complication la plus fréquente, parfois inaugurale)
- Perforation ulcéreuse (complication moins fréquente que l'hémorragie)
- Sténose ulcéreuse (complication exceptionnelle)
- Association avec cancer gastrique (pour UG seulement)
Prise en charge thérapeutique de l’UGD
- Focus : Inhibiteur de la pompe à proton
- Traitement chirurgical dans l’UGD (exceptionnel en l'absence de complication) : ancien référentiel
| Objectifs | - Objectifs = suppression rapide des symptômes, cicatrisation, prévention récidive et complications
- Cicatrisation des ulcères requiert pH gastrique > 3 :
→ Demi-doses d’IPP (dose préventive) : suffit pour cicatriser et prévenir les ulcères
→ Pleine dose d'IPP (dose curative) : fait accélérer la cicatrisation (pleine dose = 2x demi-dose) |
| --- | --- |
| Cas général | - Si UG : IPP simple dose pendant 4-8 semaines + contrôle systématique de cicatrisation avec endoscopique + biopsies
- Si UD : IPP simple dose pendant 4 semaines |
| UGD associé à H.Pylori
(tombé en annale) | 1. IPP simple dose (indiqué dès le diagnostic d’UGD en attendant le résultat de la recherche de H.pylori)
- Traitement d’éradication de H. Pylori (comprend IPP double-dose 10-14 jours)
- Après le traitement d’éradication :
→ Pas d’IPP au long cours : si ulcère duodénal non compliqué
→ Indications d'IPP à dose curative pendant 6 semaines supplémentaires (tombé en annale ⭐️):
° UG ou UD compliqué
° Nécessité de poursuivre un traitement par AINS, anti-thrombotiques
° Persistance de douleurs épigastriques après la phase initiale
→ Indications d'IPP à dose préventive (faisant suite au traitement à dose curative de 6 semaines)
° UGD (compliqué ou non) + nécessité de poursuivre un traitement par AINS
° UGD compliqué + nécessité de poursuivre un traitement par aspirine |
| UGD induits
par l'AINS et l'aspirine | - Traitement UGD (cas général)
****- Maintien de la prévention de la récidive par IPP si traitement par AINS ou aspirine indispensable
→ Remplacer autant que possible l'aspirine à dose anti-agrégante
→ Évaluation du risque digestif (cf cours AINS)
→ Arrêt si possible, si impossible : continuer IPP demi-dose au long cours [LISA]
→ Indication du traitement préventif par IPP chez les personnes sous AINS ou Aspirine :
Âge > 65 ans, ATCD d’UGD, Traitement anti-thrombotique associé, Corticoïdes associés |
| UGD non-liés à H. pylori, et non-liés à AINS | 1. Éliminer d'abord : Zollinger-Ellison (UD), Crohn, lymphome, cancer gastrique
- Traitement :
→ Si UD : IPP pendant 4 semaines, ± IPP au long cours (selon les comorbidités)
→ Si ulcère gastrique :
1. IPP pendant 4-8 semaines, + contrôle endoscopique avec biopsies sur berges et à distance dans l'antre et fundus
2. En cas d’échec, proposer un nouveau traitement
3. En cas d’échec, discuter une intervention |