| Urticaire |
Dermatose inflammatoire fréquente, causée par l'activation des mastocytes (par des mécanismes immunologiques, mais surtout par des mécanismes non-immunologiques, mais c'est l'histamine qui est le plus souvent impliqué quel que soit le mécanisme d'activation) |
| Types |
- Urticaire ****superficielle (isolée dans 50% des cas) = oedème dermique |
- Urticaire profonde ou angio-oedème (isolée dans 10% des cas) = oedème dermo-hypodermique
- Association urticaire superficielle + urticaire profonde dans 40% des cas |
| Évolution | - Évolution aiguë le plus souvent (15% de la population fait une poussée d'urticaire au cours de sa vie)
- Évolution chronique plus rarement (> 6 semaines) |
| Mécanismes immunologiques | - Hypersensibilité immédiate médiée par les IgE (présence de FcεR1 sur mastocyte) → témoigne d’une sensibilisation préalable
- Auto-AC anti-FcεR1 de type IgG qui fixent le complément |
| Mécanismes non-immunologiques | Il s’agit des mécanismes les plus fréquents :
- Stimulations des récepteurs à la surface du mastocyte
- Apport excessif ou libération exagérée d'histamine
- Action d’un médicament sur le métabolisme de l'acide arachidonique membranaire, qui va activer des médiateurs de l'inflammation (AINS, aspirine à dose anti-inflammatoire, pénicillines, codéine ...), réactions inconstantes chez un même individu, doses-dépendantes
→ Attention < 10% des urticaires ont une cause médicamenteuse ⚠️
→ Nombreuses infections (virales ++) peuvent causer une urticaire aiguë, en particulier chez l’enfant |
| Conséquences | Activation du mastocyte responsable de 3 phases successives :
- Dégranulation avec libération d'histamine, responsable de l'oedème par : vasodilation + augmentation de la perméabilité capillaire
- Synthèse d'eicosanoïdes (leucotriènes, prostaglandines)
- Sécrétion de cytokines |
Diagnostic clinique positif
|
Urticaire superficielle |
| Caractéristiques |
Quel que soit le type de lésion : prurigineuses, migratrices, fugaces (durent quelques minutes à quelques heures) |
| Lésion élémentaire |
- Lésion élémentaire : Papules oedémateuses, comme des piqûres d'ortie ("ortiées") |
- Couleur : rosées ou érythémateuses, parfois avec un centre plus clair
- Bordure : bordure nette
- Pas de localisation préférentielle ❌
(ou parfois certaines régions qui sont plus riches en mastocytes : visage, cou, partie supérieure et antérieure du thorax)
- Peuvent rester isolées ou confluentes en larges plaques avec contours géographiques "en carte de géographie" |
| Autres types de lésions possibles | - Lésions annulaires ou polycyliques
- Lésions micro-papuleuses, bulleuses |
| | Urticaire profonde ou angio-oedème |
| Physiopath. | Même physiopathologie que l'urticaire, mais par oppositon à ce dernier, il résulte d'une vasodilatation et d'un oedème des tissus profonds de la peau (derme et hypoderme), des tissus sous-cutanés, ou des muqueuses |
| Lésion | Oedème blanc-rosé (non érythémateux), consistance ferme, mal limité
→ non prurigineux ❌ mais donne une sensation de tension ou de douleur (sensation de cuisson) |
| Localisations | Siège préférentiellement sur le visage (paupières et lèvres), extrémités des membres, organes génitaux externes |
| Évolution | Régression spontanée en < 72h et sans séquelles |
| Risque | Localisation laryngo-pharyngée conditionne le pronostic = Oedème de Quincke 🔥
- Peut être létal 🏴☠️ : par asphyxie, gonflement de la langue, luette, paupière, lèvres, face
- Dyspnée, Dysphagie, Dysphonie, raucité de la voix
- Cornage, Stridor, Tirage |
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✅ Dans une minorité des cas, l’urticaire s’associe à des manifestations d’anaphylaxie
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- Diagnostics différentiels
Causes d'urticaire
- Urticaires physiques (ou inductibles)
- Urticaires alimentaires
- Urticaires médicamenteuses
- Autres urticaires (contact, infectieux, piqûre)
- Angio-oedème bradykinique (dans 5% des cas)
Classification des urticaires
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Urticaire aiguë superficielle (isolée ou associée à un angioedème) +++ |
| Fréquence |
Situation la plus fréquente, ****concerne 15-20% de la population générale) |
| Durée |
Poussées qui durent quelques heures à quelques semaines (< 6 semaines) |
| Diagnostic étiologique |
- Repose sur l’interrogatoire |
- Pas d'examen complémentaire systématique ❌
(bilan allergologique orienté par interrogatoire si suspicion de cause allergique : aliment, médicament, hyménoptères) |
| | Urticaire chronique superficielle (isolée ou associée à un angioedème) |
| Durée | Poussées quotidiennes ou quasi-quotidiennes pendant > 6 semaines |
| Diagnostic étiologique | - Repose sur l’interrogatoire ++ qui doit préciser :
→ ATCD personnels et familiaux d'urticaire, d'atopie, de la maladie auto-immune
→ Circonstances, Habitude de vie (alimentaire ++), Médicaments, Signes associés …
- Pas d'examen complémentaire systématique ❌ , selon le contexte :
→ Tests de provocation dans les urticaires physiques
→ Tests allergologiques dans les urticaires de contact |
| Inductible (10-15%) | - Provoquées par un stimulus, et reproductibles qu'en présence de celui-ci
- Ex. dermographisme, urticaires au froid, au chaud, solaire, retardée à la pression, vibratoire, à l'eau, cholinergique, de contact |
| Spontané (85-90%) | Apparition spontanées ou favorisées par des stimulus différents en fonction des poussées
(médicaments, infections, stress, chaleur ...) |
| | Angioedèmes isolés |
| 95% | Angioedème dus à l'activation des mastocytes (histaminique)
→ par aliments, médicaments, piqûres d'hyménoptères, latex, facteurs physiques |
| 5% | Angioedèmes dû à des anomalies du métabolisme de la bradykinine :
- Acquis (médicaments : IEC, gliptine)
- Héréditaire (déficit héréditaire en inhibiteur de la C1 estérase) |
Prise en charge thérapeutique
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✅ Éviction du facteur déclenchant dans tous les cas
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|
Urticaire aigu |
| Non grave |
Urticaire et/ou Angioedème sans atteinte muqueuse : |
- Anti-histaminiques H1 de 2ème génération per os (ou injectable si poussée intense)
- Poursuite à une posologie de 1x/jour pendant 1 à 2 semaines |
| Grave | Urticaire et Angioedème laryngé et/ou Manifestations d’anaphylaxie > grade 2 :
- Adrénaline IM (0,01 mg/kg sans dépasser 0,5 mg) sous surveillance ECG et TA
(dose à répéter après 5-15 min si nécessaire)
- Si choc ou arrêt cardiaque : adrénaline par voie IV titrée (selon FC et PA)
- Mesures associées : oxygénothérapie (8-9L/min), remplissage, aérosol de B2-mimétiques si crise d'asthme |
| | Urticaire chronique |
| Traitement initial | Anti-histaminiques H1 de 2ème génération pendant 4-6 semaines
- Peuvent être prescrits chez la femme enceinte (avec CRAT)
- Peuvent être prescrits chez l’enfant en adaptant la posologie |
| Après évaluation | Au bout des 4-6 semaines :
- Si disparition de l'urticaire : poursuite du traitement pendant > 3 mois
- Si persistance de l'urticaire :
→ Bilan biologique : NFS, CRP, AC anti-thyroperoxydase (car anomalies thyroïdiennes associées dans 10-20% des cas)
→ Soit augmentation de la posologie jusqu’à x4 dose de l’AMM
→ Soit changement de molécules (< 10% des urticaires chroniques sont résistantes aux anti-H1 de 2e génération) :
- Omalizumab (le seul a avoir l’AMM dans l’urticaire chronique spontanée résistant aux anti-H1)
- Ciclosporine (hors AMM, peut être efficace) |
| Non ⚠️ | Pas d'indication à la corticothérapie générale ❌ dans l'urticaire chronique |