| Définition |
Correspond à l'expression clinique de la réactivation du VZV (récurrence localisée) |
| Prévalence |
Atteint 20% de la population (1,4 pour 100 personnes par année) |
| Âge |
- Prédominance > 50 ans (témoigne d'une baisse de l'immunité liée à l'âge, voire pour certains d'une réelle immunodépression cellulaire) |
- Rare dans l’enfance
- Si survenue chez un adulte jeune : rechercher immunodépression (sérologie VIH ⭐️, pathologie lymphoproliférative …) |
| Physiopath. | 1. Rupture de latence virale, par :
→ Modification de la pathogénicité du virus
→ Perte de contrôle immunitaire (immunodépression, sénescence immunitaire chez les sujets âgés)
- Réactivation virale et recolonisation du territoire cutanée-muqueux sensitif correspondant (distribution localisée métamérique) avec excrétion virale (contagiosité)
- Épisode en général unique |
- Lésion élémentaire : Varicelle-Zona
Diagnostic positif
Clinique typique du zona
| Phase prodromique | Précède l'éruption de 3-4 jours, sur le territoire de l'éruption :
- Troubles objectifs de la sensibilité
- Douleurs, Paresthésies à type de brûlure :
→ Chronologie : Précèdent, accompagnent et disparaissent avec l’éruption (persistance ou réapparition tardives possibles ⚠️)
→ Fréquentes, intenses, à type neuropathiques, en coup de poignard ou brûlures avec paroxysmes
→ Topographie : radiculaires, unilatérales ⭐️ |
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| Éruption | 1. Placard Érythémateux rose vif précède les vésicules
- Vésiculeux à liquide claire puis trouble, groupés en « bouquet », pourtours érythémateux, confluant parfois en bulles
- Affaissement et dessèchement des vésicules → Lésions érosives à J5
- Lésions croûteuses à J7
- Cicatrices dépigmentées rosées puis blanchâtres (souvent indélébiles) à J10 |
| Topographie | - Unilatérale, Monomérique (territoire d'une racine nerveuse), néanmois peut déborder sur un ou plusieurs métamères contigus
→ mais sans dépasser la ligne médiane (ou rarement)
- Réactivation dans les gangions nerveux rachidiens :
→ Zona cervical, intercostal, abdominal, dorsolombaire, sacré (le plus fréquent, 50%) : éruption en demi-ceinture
→ Zona de membre : éruption linéaire, trajet radiculaire sur le membre
- Réactivation dns les ganglions nerveux crâniens :
→ Zona céphalique : rare, mais souvent très douloureux
→ Zona bucco-pharyngé : ulcérations pseudo-membraneuses avec vésicules unilatérales
→ Zona ophtalmique (dermatome de la branche V1 du trijumeau)
→ Zona du ganglion géniculé |
| Signes associés | - Syndrome infectieux discret (38 à 38,5 °C)
- Adénopathie satellite |
| Évolution | - Évolution sur 2 à 3 semaines, par poussées successives
- Douleurs post-zostériennes peuvent persister plusieurs mois ⚠️ |
| Diagnostics différentiels | - Prurigo vésicule-bulleux sur piqûres d'insectes (éruption débutante incomplète)
- Érysipèle de la face (forme œdémateuse, prévésiculeuse de la face)
- Impétigo primitif (si impétiginisation secondaire surajoutée au zona)
- Infection à HSV (zona peu étendu)
- Eczéma (zona pauci-vésiculeux peu douloureux ou pré-éruptif) |
Focus
- Zona ophtalmique (dermatome de la branche V1 du trijumeau)
- Zona du ganglion géniculé
Complications du zona
| Immunodéprimé | - Extension : bilatérale ou multi-métamérique
- Sévérité : aspect ulcéro-hémorragique et nécrotique
- Zona généralisé (également appelé zona-varicelle), successivement :
- Éruption zoniforme dans 1 métamère
- Vésicules « varicelliformes » disséminées sur tout le corps en dehors du dermatome initialement atteint
- Complications viscérales : pulmonaires, hépatiques, encéphalique |
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| Douleurs
post-zostériennes
(FR) | - Douleurs persistantes après la cicatrisation ou > 1 mois après la survenue du Zona
- Disparaissent habituellement au bout de 6 mois, mais peuvent être définitives et invalidantes
- Facteurs de risque :
→ Âge > 50 ans
→ Survenue d’un déficit sensitif avant l’apparition de l’éruption cutanée
→ Douleurs intenses à la phase aiguë*, Importance des troubles sensitifs initiaux*
→ Localisations céphaliques, sévérité des lésions cutanées |
| Autres | - Surinfections bactériennes (provoquées par le grattage)
- Autres complications neurologiques (exceptionnelles) :
→ Atteinte motrice dans le territoire du zona
→ Myélite et encéphalite, parfois en l'absence d'éruption cutanée |
Enquête paraclinique
| Indications | Diagnostic est avant tout clinique, examens complémentaires de confirmation ne se justifient que si :
- Formes sévères (terrains à risque) ou compliquées, ou atypiques
- Nécessité de diagnostic de certitude (femme enceinte) |
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| Confirmation | - PCR spécifique VZV (sur écouvillonage du contenu vésiculaire, ou si complications sur les liquides biologiques appropriés)
- Autres examens (pas d’intéret selon dermato) :
→ IgM spécifiques sériques en phase aiguë
→ Cytodiagnostic, Biopsie |
| Bilan | Rechercher une immunodépression :
- NFS : détecter une hémopathie type LLC
- Sérologie VIH : si sujets jeunes, formes sévères, compliquées ou atypiques |
Prise en charge du Zona
- Vaccin disponible contre le zona
| Traitement local | - Ongles propres, coupés courts (pour limiter les lésions de grattage)
- Douches quotidiennes, tempérées avec savon doux
- Badigeons de chlorhexidine en solution aqueuse (prévention de la surinfection) |
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| Anti-viral (indications) | - Prévenir les douleurs post-zostériennes, si : > 50 ans, douleurs intenses en phase aiguë, ou zona étendu
- Prévenir les complications oculaires, si : zona ophtalmique |
| Anti-viral
(modalités) | Il doit être débuté dans les 72h suivant le début de l’éruption ⭐️ :
- Chez l’immunocompétant : valaciclovir ou famciclovir per os pendant 7 jours
- Chez l’immunodéprimés : aciclovir IV pendant 7-10 jours
→ noter que l’arrêt du traitement immunosuppresseur (y compris corticothérapie) n’est pas systématique |
| Si Zona ophtalmique
👁 | En plus du traitement systémique qui est toujours indiqué ici :
- Pommade ophtalmologique à l'aciclovir
- Corticothérapie locale classiquement contre-indiqués, mais peut être indiqués seulement pour :
→ Kératites immunologiques
→ Uvéites antérieures après avis ophtalmologique |
| Douleurs en
phase aiguë | - Antalgiques de palier 2 à 3
- Pas de CORTICOTHÉRAPIE GÉNÉRALE ❌ |
| Algies
post-zostériennes | - Antalgiques systémiques à visée neuropathique :
→ Amitriptyline ou Gabapentine (AMM)
→ Prégabaline, Carbamazépine (hors AMM, anti-épileptiques)
- Anesthésiques locaux. :
→ Emplâtre de lidocaïne (maximum 12h/jour)
→ Capsaïne locale (préparation magistrale) |
| Éviction | Pas d’éviction de la collectivité ❌ |