https://cep-1f48c.kxcdn.com/wp-content/uploads/2023/09/item_206_EPANCHT_PLEURAL_V2.pdf
https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/26. Épanchements pleuraux liquidiens et pneumothorax.pdf
| Physiologie | - Liquide pleural (production de 5-20 cc/jour) : permet le glissement des feuillets pleuraux
- Résorbé en permanence par les pores lymphatiques (stomas) de la plèvre pariétale et médiastinale ****(lymphatiques pulmonaires ne s'abouchent pas au niveau de la plèvre viscérale), explique que la cavité pleurale est dite virtuelle |
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| | Épanchement est toujours pathologique, résulte d'un déséquilibre sécrétion/absorption, 2 mécanismes : |
| Anomalie mécanique | Anomalie mécanique → transsudat (liquide pauvre en protéine) :
- Augmentation de la dépression pleurale : atélactasie pulmonaire
- Passage du liquide d'ascite vers la cavité pleurale, via les puits de Ranvier : ascite
- Déséquilibre entre pression hydrostatique et pression oncotique :
→ Pressions hydrostatiques ↑ : insuffisance cardiaque, hypertension portale
→ Pressions oncotiques ↓ (hypoalbuminémie) : syndrome néphrotique, insuffisance hépato-cellulaire, dénutrition |
| Anomalie de perméabilité | Atteinte de la plèvre à l’origine d’une anomalie de la perméabilité → exsudat (liquide riche en protéine) :
- Aggression inflammatoire
- Aggression infectieuse
- Aggression néoplasique |
Diagnostic positif d’un épanchement pleural liquidien
Diagnostic essentiellement clinique, plus rarement découverte fortuite sur une RXT
- Images
- Diagnostic différentiel en RXT
| Installation |
Épanchement pleural liquidien est de constitution plus progressive que le PNO |
| Général |
Hyperthermie : dans les formes aiguës, souvent en lien avec pneumonie sous-jacente (voir épanchements para-pneumoniques) |
| Signes fonctionnels |
- Douleur thoracique : |
→ Localisation : latéro-thoracique ou basithoracique, homolatérale
→ Irradiation : pouvant irradier dans l’épaule ou dans le dos
→ Intensité : intensité variable
→ Aggravation : dépendante de la respiration (exacerbée par : **respiration**, **toux**, **changement de position**, parfois **palpation**)
- Dyspnée, dont l’intensité dépend de :
→ Abondance de l’épanchement
→ Rapidité d’accumulation du liquide
→ Terrain (un adulte sain tolère sans dyspnée un épanchement occupant de plus d’un hémithorax)
- Toux sèche : au changement de position |
| Signes physiques | Syndrome pleural liquidien :
- Silence auscultatoire (= abolition du murmure vésiculaire, ≠ diminution du murmure vésiculaire dans les PAC)
- Matité à la percussion, avec possible niveau liquidien
- Abolition des vibrations vocales
- Souffle pleurétique : peut être retrouvé à la partie haute d’épanchements abondants
- Hémithorax atteint moins mobile avec diminution de l’ampliation thoracique
Attention, signes physiques sont évocateurs mais non spécifiques
[examen physique souvent normal dans pleurésies de faible abondance (< 500 mL), ou se résume à un frottement pleural] |
| RXT | - Opacités denses homogènes (blanches) :
→ Non systématisées, Effaçant les contours des éléments de voisinage, Non rétractile
→ Limitée par une ligne bordante concave en haut et en dedans (ligne ****de Damoiseau)
→ Au mininum : perte du cul de sac pleural
→ En cas d’épanchement de grande abondance 🔥 (signes de gravité radiographiques) :
° Opacité totale d'un hémithorax
° Déplacement médiastinal controlatéral
****- Clichés en décubitus latéral peuvent être utilisés pour distinguer un épanchement pleural libre d’un épanchement pleural cloisonné |
| Autres imageries | - Échographie pleurale, peut avoir pour utilité de :
→ Affirmer l’existence d’un épanchement liquidien : image anéchogène
→ Repérage précis de l’épanchement, surtout quand il est cloisonné, et Guide la ponction
- TDM thoracique (non indispensable en urgence pour affirmer le diagnostic), peut avoir pour utilité de :
→ Repérage des poches cloisonnées (quoique non supérieure à l’échographie)
→ Orientation étiologique (le cas échéant après ponction évacuatrice) : analyse du parenchyme sous jacent
→ Recherche de lésions associées orientant le diagnostic étiologique des exsudats : plaques pleurales, nodule(s) ou masse(s) |
| Paraclinique | - Gazométrie artérielle : montre le plus souvent hypoxémie + hypocapnie
- ECG, en cas de pleurésie de grande abondance : déviation de l'axe QRS vers la droite ou la gauche selon le côté, alternance électrique, microvoltage, inversion des ondes T dans les dérivations précordiales |
Ponction pleurale
| Dogme |
Majorité des épanchements pleuraux doit faire l’objet d’une ponction à visée diagnostique, elle doit être réalisée rapidement |
| Situations où elle n’est pas recommandée ❌ |
Il y a 3 situations où la ponction n’est pas recommandée en 1ère intention : |
- Cause de l’épanchement déjà connue
- Épanchement pleural de faible abondance (< 1cm), **car le rapport bénéfice/risque trop défavorable
(mais guidage échographique permet toutefois désormais la ponction, en toute sécurité, de nombreux épanchements)
- Insuffisance cardiaque gauche connue, ici la ponction est envisagée seulement si :
→ Épanchement unilatéral ou asymétrie
→ Douleur ou Fièvre
→ Absence de modification après diurétiques |
| Situations où elle
est urgente 🔥 | - Épanchement fébrile : ponction à visée étiologique, et parfois évacuatrice si épanchement parapneumonique
- Mauvaise tolérance clinique : ponction à visée évacuatrice
- Suspicion d’hémothorax en contexte traumatique (tombé en annale) |
| Situations où elle est réalisée à visée évacuatrice
(précisions abrégé) | Évacuation incomplète :
- Épanchement mal toléré : évacuer 1 à 2L suffit le plus souvent à améliorer la tolérance
- Épenchement bien toléré : facilite la mise en place d’un drain ou l’abord pleural pour une thoracospie
Évacuation complète :
- Intérêt pour l’enquête étiologique : pour l’étude en TDM du parenchyme pulmonaire sous-jacent (après vidange)
- Épanchement parapneumonique non cloisonnée
Pas d’indication à tout évacuer si Épanchement bien toléré (ponction seulement à visée diagnostique dans ce cas) ❌ |
| Complications ⚠️ | - Pneumothorax post-ponction (complication la plus fréquente) : justifie imagerie pleurale post-ponction (RX ou échographie) ⭐️
- Hémothorax (par traumatisme vasculaire), justifie, autant que l’urgence le permet, de :
→ Arrêt les antiagrégants plaquettaires (hors aspirine faible dose)
→ Relais anticoagulant (INR < 1,5)
- Oedème aigu de réexpansion (œdème ad vacuo) en cas de drainage trop rapide de la cavité pleurale (épanchement abondant)
- Complications du point de ponction |
| Modalités pratiques | - Où réalise-t-on la ponction en cas d'épanchement liquidien ? ponction est le plus souvent réalisée en thoracique postérieur, à 3 à 5 cm de la ligne des épineuses, à la partie inférieure de l'épanchement, soit un espace intercostal en dessous de l'endroit où la percussion est la plus mate (± repérage échographique dans l’idéal selon les recommandations), sans dépasser le 9ème espace intercostal
- Dans tous les cas, il faut prendre soin de rester près du bord supérieur de la côte inférieure
(afin d'éviter le paquet vasculo-nerveux au niveau inférieur de la côte supérieure)
- Patient confortablement installé, assis le dos rond
- Trajet perpendiculaire à la paroi thoracique
- Progression le « vide à la main » : repérer immédiatement l’entrée dans la cavité pleurale et arrêter la progression de l’aiguille
- Réalisation d’une RXT de contrôle après la ponction systématique |
- Images
- Analyses réalisés sur le liquide pleural
Interprétation des analyses du liquide pleural
|
Transsudat - pleurésie symptôme |
Exsudat - pleurésie maladie |
| Définition |
Épanchement pauvre en protéines avec atteinte de l'équilibre sécrétion-réabsorption dans la cavité pleurale par anomalie « hydrostatique » |
Épanchement riche en protéines, en réaction à une agression |
| (inflammatoire, infectieuse ou néoplasique) |
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| Aspect macroscopique |
Citrin clair |
Variable |
| Biochimie pleurale |
- Protides < 25 g/L |
|
- LDH pleuraux < 200 UI/L | - Différence entre albumine sérique et pleurale < 12 g/L
- Protides > 35 g/L
- Protides 25-35 g/L avec 1 des 3 critères suivants (critères de Light) :
° LDH > 200 UI/L
° Protides pleuraux/sériques > 0,5
° LDH pleuraux/sériques > 0,6 |
| Cytologie | X | - Cellules tumorales : néoplasie
- Neutrophiles : épanchement para-pneumonique
- Lymphocytes : tuberculose, cancer, embolie pulmonaire, PR, lupus
- Éosinophiles : parasitaire, cancer, embolie pulmonaire, ATCD d’hémothorax |
| Étiologies | - Bilatéral : insuffisance cardiaque, syndrome néphrotique
- Unilatéral : cirrhose, embolie pulmonaire (20% des EP) | - Néoplasie : pleurésies métastatiques, mésothéliome
- Bactéries : épanchement parapneumonique, pleurésie tuberculeuse
- Pleurésie virale : peu abondant, contemporain d’une pneumopathie virale ou péricardite
- Embolie pulmonaire (80% des EP)
- Lupus érythémateux disséminé, Polyarthrite rhumatoïde
- Pleurésie bénigne liée à l’amiante asbestosique (diagnostic d’exclusion, suspectée quand la RXT ou TDM thoracique montrent plaques pleurales ± calcifiées, mais doit faire discuter l’intérêt de la biopsie pleurale sous thoracoscopie pour chercher un mésothéliome) |
Focus sur certaines Étiologies
Transsudat
Exsudat
- Pleurésies néoplasiques
- Épanchements parapneumoniques