https://www.ce-mir.fr/sites/www.ce-mir.fr/files/medias/documents/53. Insuffisance hépatique aiguë.pdf
Hépatite virale (167)
| Hépatite | - Inflammation du foie, décelable :
→ Soit par une augmentation des transminases (le plus souvent ASAT/ALAT) : traduisant la nécrose des hépatocytes
→ Soit par une cholestase voir une forme mixte cytolitique/cholestatique
- Aiguë si < 6 mois, ici les transaminases sont souvent > 10N
(terme « hépatite aiguë » ne doit être utilisé que si le foie est antérieurement sain)
- Chronique si > 6 mois |
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| Insuffisance hépatique aiguë | Insuffisance hépatique aiguë se définit comme une dysfonction hépatique évoluant depuis en général en < 3 mois
- Insuffisance hépatique aiguë survenant par définition sur foie sain = celle qui est traité dans ce cours
- IHA sur chronique est une décompensation d'une cirrhose sous-jacente secondaire à un événement aigu
→ Soit décompensation secondaire à un événement intercurrent hépatique (hépatite alcoolique aiguë)
→ Souvent secondaire à une autre complication de la cirrhose hépatique (hémorragie digestive haute, infection ascite …) |
| Sévère
Grave
Fulminante
Subfulminente | - IHA sévère : si TP < 50% ou facteur V < 50%, en l’absence d’encéphalopathie
- IHA grave si encéphalopathie :
→ Hépatite fulminente : apparition de l’encéphalopathie dans les < 15 jours suivant l’apparition de l’ictère
→ Hépatite subfulminente : apparition de l’encéphalopathie entre 15 jours - 3 mois suivant l’apparition de l’ictère |
| Notes | Préférer les termes « élévation des transaminases » ou « hypertransaminasémie » à celui de « cytolyse hépatique » car l'élévation des transaminases peut aussi se voir en l'absence de nécrose hépatocytaire (car la cholestase augmente régulièrement les transaminases) |
Insuffisance hépatique aiguë ou Hépatite aiguë
- Bilan étiologique de l’insuffisance hépatique aiguë
- Démarche diagnostique face à une hépatite chronique (> 6 mois)
| Présentation clinique | - Symptômes aspécifiques : asthénie, céphalée, naussées, douleur abdominale, arthralgie
- Éléments en faveur d’une origine virale : fièvre, syndrome pseudo-grippal, adénopathie, éruption
- Ictère peut apparaître secondairement, plusieurs jours après le début des symptômes, mais peu fréquent
- Éléments en faveur d'une pathologie hépatique aiguë :
→ Ascite, Troubles de la vigilance, Syndrome hémorragique
→ Hyperventilation est fréquente et précoce (alcalose respiratoire habituelle) |
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| Biologie | - Bilan hépatique le plus souvent altéré :
→ MIR : perturbation non nécessaire au diagnostic d’IHA
→ HGE : élévation des enzymes hépatiques pose le diagnostic d’hépatite aiguë, surtout si > 10N
- CPK : dosage concomitant permet d'éliminer l'origine musculaire d'une élévation ± isolée des ASAT
- Albumine : dosage sans intérêt en pratique clinique dans ce contexte (demi-vie 21 jours)
(mais la diminution de la synthèse de l'albumine est un très mauvais marqueur en situation aigu) |
| Imagerie | Échographie-doppler hépatique systématique pour éliminer une hépatopathie chronique sous-jacente en autre |
| Signes de gravité | - Hypotension, Tachycardie, voire Tableau de défaillance multiviscérale
- Hyperlactatémine : par diminution de la clairance hépatique (insuffisance hépatique)
- Hypoglycémie : par hyperinsulinisme secondaire et diminution de la néoglucogénèse
- TP spontanément diminuée dans l’IHA ++ (doser facteur V : abaissé si IHA, normal si surdosage en AVK)
- Encéphalopathie, gradée selon la classification ci-dessous :
→ Stade 1 : Astérixis, altération du cycle veille/sommeil
→ Stade 2 : Confusion
→ Stade 3 : Coma vigil (réaction adaptée aux stimulus), score de Glasgow 10–13
→ Stade 4 : Coma profond, score de Glasgow 3–9 |
| Sévère
Grave
Fulminante
Subfulminente | - IHA sévère : si TP < 50% ou facteur V < 50%, en l’absence d’encéphalopathie
- IHA grave si encéphalopathie :
→ Hépatite fulminente : apparition de l’encéphalopathie dans les < 15 jours suivant l’apparition de l’ictère
→ Hépatite subfulminente : apparition de l’encéphalopathie entre 15 jours - 3 mois suivant l’apparition de l’ictère |
Prise en charge d’une insuffisance hépatique aiguë
| Mesures générales
Surveillance | Prise en charge symptomatique initiale d'un patient ayant une insuffisance hépatique aiguë ne présente pas de particularités :
- Monitorage des paramètres vitaux (scope, saturomètre de pouls et tensiomètre automatique)
- VVP, correction d'une éventuelle hypovolémie par remplissage vasculaire avec des cristalloïdes
- Surveillance : neurologique, glycémie capillaire, TP/facteur V, lactate |
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| Antidote | - N-acétylcystéine en IV à la moindre suspicion d'intoxication au paracétamol et ce quel que soit le résultat de la paracétamolémie
- Proposée de manière systématique en cas d'insuffisance hépatique aiguë sévère quelle que soit la cause suspectée
(en effet, le bénéfice a été montré également pour des étiologies diverses non liées au paracétamol) |
| 🔥 | Si insuffisance hépatique aiguë grave ou fulminante, contact précoce avec un centre expert est indispensable
→ discuter de la transplantation hépatique en super-urgence |
| Conduite
à éviter
⚠️ | - Traitement hépatotoxiques (paracétamol, AINS)
- Traitement sédatif ou pouvant avoir un effet sédatif dans ses effets secondaires (risque de majoration des troubles neurologiques)
- Traitement visant à corriger les troubles biologiques d'hémostase : uniquement si syndrome hémorragique clinique
(pas de plasma frais congelé systématique) |
| Traitement étiologique | - Si intoxication au paracétamol : N-acétylcystéine (déjà introduit)
- Si hépatite B : traitement antiviral si grave (fulminante ou subfulminante) par ténofovir en 1ère intention
- Si hépatite C : traitement antiviral systématique (sofosbuvir + velpatasvir ou glecaprevir + pibrentasvir)
- Si hépatite virale à HSV : Aciclovir IV
- Si Budd-Chiari : désobstruction des veines sus-hépatiques
- Si hépatite hypoxique, foie de choc : traitement d'une insuffisance cardiaque |
| Pronostic | - Bon pronostic : Intoxication au paracétamol, VHA
- Mauvais pronostic : VHB, absence de diagnostic étiologique |