https://www.sfcardio.fr/page/chapitre-20-item-235-pericardite-aigue
| Définition | Correspond à une inflammation aiguë des feuillets péricardiques :
- Accompagnée d’un épanchement péricardique ou non (« péricardite sèche »)
- Si associée à une élévation de la troponine = myo-péricardite |
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Démarche diagnostique : Péricardite aiguë
- Critères diagnostiques et Signes de gravité
| Sex-ratio |
Prédominance masculine |
| Douleur thoracique |
- Localisations : Rétrosternale ou Précordiale gauche |
- Irradiation : possible au niveau de l’épaule gauche
- Prolongée/permanente
- Majorée : en décubitus, à l'inspiration profonde et à la toux (impulsive)
- Calmée : par la possition assise penchée en avant (antéflexion) = attitude antalgique en «prière mahométane»
- Signes négatifs : résistante à la trinitrine, et ne survient pas l'effort |
| Autres symptômes | - Fièvre modérée : présente d'emblée, moins fréquente chez le sujet âgé, parfois absente
- Syndrome grippal (myalgie, asthénie ...) : peut précéder la péricardite de quelques jours
- Autres symptômes parfois associés : dyspnée (également soulagée par l'antéflexion), toux sèche, hoquet |
| Signes physiques | - Frottement péricardique :
→ Précoce, inconstant et fugace, variant dans le temps et les positions
→ Rapeux (ressemble à une crissement de cuir neuf, froissement de soie, pas dans la neige fraîche)
→ Systolodiastolique
- Tachycardie souvent présente
- Signes d'insuffisance cardiaque droite ⚠️ : leur présence doit faire suspecter une tamponnade
- Signes d'épanchement pleural associé possible : disparition du murmure vésiculaire, matité à la percussion |
| Bilan paraclinique initial | - ECG + RXT + ETT
- Bilan biologique :
→ NFS, VS/CRP : syndrome inflammatoire
→ Créat, urée, ionogramme sanguin (recherche insuffisance rénale avant la prescription des AINS/colchicine)
→ Marqueurs de nécrose (évoquent myocardite associée si élevés) : troponines I ou T, tropo us, CPK-HACEK
- Hémocultures si fièvre, IDR (intradermoréaction) discutée |
| En 2nd intention | - TDM thoracique, IRM cardiaque
- Ponction péricardique
- Biologie à visée étiologique selon le contexte (KB) : TSH, Sérologies VIH, VHC, Bilan auto-immun si suspicion
→ Selon KB : Sérologies VIH/VHC systématique (PCZ) |
Bilan paraclinique d’une péricardite (hors biologie)
- Électrocardiogramme (ECG) d’une péricardite aiguë
- Images
| RXT | - Normale (le plus souvent)
- En cas d'épanchement abondant : cardiomégalie symétrique avec un coeur triangulaire en carafe
- Peut aider le diagnostic étiologique en montrant des lésions associées (pulmonaires, épanchement pleural) |
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| ETT | - Peut ****être normale : péricardite « sèche » (sans épanchement)
- Épaississement péricardique
- Épanchement péricardique : décollement des 2 feuillets péricardiques, apparait en espace clair vide d'écho (noir)
→ Préciser l'abondance : minime (< 10 mm), modéré (10-20 mm), abondant (> 20 mm)
→ Préciser la localisation, et le retentissement (⚠️ tamponnade : collapsus des cavités droites, swinging heart ...)
- En faveur d’une péricardite néoplasique :
→ Présence d'une éventuelle masse, métastases ou caillots dans la cavité péricardique
→ Bandes de fibrine aboutissant à un épanchement péricardique cloisonné sont facilement identifiées |
| TDM thoracique
IRM cardiaque | - Si le patient n'est pas échogène
- Si suspicion de péricardite néoplasique ou Si épanchement péricardique cloisonné
- Si suspicion de myocardite associée (séquence de réhaussement tardif après injection de gadolinium) |
| Ponction péricardiaque | En cas de suspicion de péricardite purulente, on privilégiera un drainage chirurgical
- Indications :
→ Tamponnade
→ Épanchement abondant et symptomatique malgré le traitement médical bien conduit depuis 1 semaine
→ Forte suspicion de péricardite néoplasique
- Analyses :
→ Biochimique (glucose, protides, lactates déshydrogénase)
→ Cytologie (néoplasie)
→ Bactériologie et Virologie (Gram et Ziehl-Nielsen, culture, PCR virale et PCR BK) |
Complications de la péricardite aiguë
Tamponnade péricardique
- Myocardite (ou myopéricardite)
- Péricardite chronique constrictive
| Péricardite récidivante | Il s’agit de la complication la plus fréquente, survient dans 20-30% des cas :
- Définie par une récidive après une période sans symptômes de ≥ 4-6 semaines
- Survient souvent suite à une durée de traitement insuffisante
- Souvent après une péricardite aigue d'allure virale (3 mois à 3 ans après)
- Prévention par colchicine |
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| Péricardite chronique | - Définie par une péricardite durant > 3 mois
- Doit faire suspecter une péricardite tuberculeuse ou néoplasique (causes néoplasiques sont plus fréquentes)
- Discuter d'une biopsie dirigée à visée étiologique (via péricardoscopie par fibre optique) |
- Tableau complications de la péricardite selon étiologie
Étiologies de péricardite
| Principale |
Péricardites virales ou idiopathiques (étiologie dominante, 90%) |
| Infectieuse |
- Péricardite purulente (rares mais graves : staphylocoques, pneumocoques, streptocoques, BGN …) |
- Péricardite tuberculeuse |
| Néoplasique | - Tumeurs primitives du péricarde (mésothéliome péricardique primitif) sont rares, 40x moins fréquentes que les métastases
- Tumeurs secondaires les plus fréquentes : bronchique, sein, mélanomes, leucémies, lymphomes, sarcome de Kaposi (SIDA) |
| Maladies systémiques auto-immunes | Fréquentes, mais restent un diagnostic d'élimination :
- Étiologies : lupus, polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, périartérite noueuse, dermatomyosite
- Critères diagnostiques : Augmentation des lymphocytes, AC anti-sarcolemme dans le liquide péricardique, Myocardite associée |
| IDM | - Péricardite précoce (à J3-J5)
- Syndrome de Dressler (peut survenir entre la 2e-16e semaine) |
| IRC (rénale) | - Péricardite urémique chez des patients non dialysés ou au début de la dialyse : inflammatoire (exsudat)
- Péricardite de l'hémodialysé : liée à une surcharge volémique (transsudat), témoigne d'un traitement épurateur inadapté |
| Post-péricardotomie | Origine inflammatoire, survient dans les jours ou mois qui suivent une chirurgie cardiaque ou après transplantation cardiaque :
- Chirurgie cardiaque représente la 1ère cause de constriction péricardique
- En post-opératoire, il peut s'agit d'un hémopéricarde (survenue d'une tamponnade possible) |
| Autres | - Hypothyroïdie
- Médicamenteuses (hydralazine, pénicilline)
- Péricardite radique (radiothérapie pour cancer du sein gauche, lymphome …) :
→ En général 1 an après l’irradiation thoracique
→ Risque d’évolution vers une péricardite chronique constrictive
- Dissection aortique avec tamponnade (signe de gravité)
- Traumatique thoracique ou cardiaque (hémopéricarde, notamment lors des cathétérismes ou en post-opératoire immédiat)
- Rhumatisme articulaire aigu
- Congénital (agénésie partielle ou complète, kystes), insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire, Amylose cardiaque |
- Péricardites virales ou idiopathiques (étiologie dominante, 90%)